TRIBUNE. "28% de réussite à la fac ? Ça suffit, il faut agir !" : une cinquantaine de vice-présidents d'université défendent la réforme Vidal

Agir contre l'échec, permettre une meilleure orientation des étudiants... Des vice-présidents d'université et présidents de conférence de doyens défendent la réforme de l'accès à l'université sur franceinfo.fr.

Des manifestants défilent contre la réforme de l\'accès à l\'université, le 10 avril 2018 à Paris.
Des manifestants défilent contre la réforme de l'accès à l'université, le 10 avril 2018 à Paris. (MAXPPP)

"Il nous faut l'excellence !" Dans une tribune publiée sur franceinfo.fr, vendredi 13 avril, 55 vice-présidents d'université, chargés de la formation, défendent la loi Orientation et réussite des étudiants (ORE). Alors que quatre universités sont entièrement bloquées ou fermées et que onze autres sites sont perturbés, ces responsables d'établissements considèrent que la réforme de Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur, permettrait de mieux orienter les étudiants, et d'éviter que certains abandonnent en cours de route. Ils s'expriment ici librement.


Quel responsable d'une organisation, quelle qu'elle soit, accepterait qu'à peine plus d'un quart de ses résultats – 28% exactement – soient conformes aux objectifs qu'il s'est fixé ? Quel médecin accepterait, par exemple, que 28% de ses patients soient guéris ? Quel artisan pâtissier accepterait que 28% de ses gâteaux soient présentables en vitrine ? Quel contrôleur aérien accepterait que 28% des avions arrivent à l'heure ? Quels parents accepteraient que seulement un quart de leurs enfants réussissent à l'école ?

Et pourtant, dans l'enseignement supérieur, étudiants, enseignants et responsables d'établissements acceptent depuis des décennies que seulement 28% des étudiants obtiennent leur licence au bout de trois ans, et 41% au bout de quatre ans. Bien qu'à relativiser – un certain nombre de sortants rebondissent vers les filières courtes (BTS, DUT) ou autres –, ces chiffres sont d'une froideur implacable. Ils ne sont pas la conséquence d'une seule source, mais de multiples causes sur lesquelles nous sommes convaincus qu'il faut agir.

En terminer avec ce constat d'échec

D'ailleurs, qui peut croire que nous avons des étudiants heureux dans un tel système, et des équipes enseignantes qui se réjouissent d'une telle situation ?Alors, on continue comme ça ? On laisse défiler indéfiniment les promotions d'étudiantes et d'étudiants sans réagir, on se contente de ce constat d'échec, alors même que pour le bien de tous, il nous faut l'excellence ! La réponse est bien évidemment non, et nous sommes plusieurs responsables d'établissements, vice-présidents, doyens et enseignants à dire que cela suffit, il faut agir !

La loi Orientation et réussite des étudiants (ORE) qui nous est proposée n'est certainement pas parfaite aux yeux de tous, mais elle vise au moins à mettre en place les correcteurs de ce gâchis social.des vices-présidents d'universitéà franceinfo

En amont du processus d'inscription, elle renforce le rôle des professeurs principaux dans les lycées, l'affichage des caractéristiques des formations et la mise en perspective avec les projets des futurs étudiants, la consolidation des quotas pour les filières sélectives où les publics les plus fragiles réussissent le mieux dans l'enseignement supérieur, et surtout elle garantit l'accès pour tout bachelier à l'enseignement supérieur, contrairement à ce que l'on voudrait nous faire croire. Pendant la formation, elle permet la mise en place de parcours adaptés qui n'ont pas d'autres objectifs que d'aider les étudiants à réussir leur projet.

Rappelons que dans ce même enseignement supérieur, il n'existe pas de bonnes et de mauvaises poursuites d'études, mais une nécessaire adéquation entre un individu, un projet et une formation.

C'est précisément ce que nous propose cette loi : mettre l'étudiant ou l'étudiante et son projet au cœur de la réforme.des vices-présidents d'universitéà franceinfo

C'est dans ce contexte un peu agité que traversent actuellement certains campus universitaires, mais où la nation a besoin plus que jamais de jeunes heureux dans leur formation et suffisamment formés pour évoluer dans leur future vie active, que nous, vice-présidents ou présidents de conférences de doyens, en lien avec la formation universitaire, voulons affirmer notre soutien à la loi Orientation et réussite des étudiants.

Signataires : Régine André-Obrecht, Dominique Averty, Joëlle Aubert, Stéphane Azoulay, Franck Barbier, Odile Berthier, Yves Bertrand, Venceslas Biri, Brigitte Bonhomme, Jean-Jacques Boutaud, Julie Boyer-Dumont, Catherine Bréville-Billard, Dorothée Callens-Debavelaere, Sylvie Capelle, Jean-Michel Carozza, Lucile Chanquoy, Philippe Chevalier, Vincent Cocquempot, Patrick Courilleau, Didier Delignières, Sylvie Delmer, Isabelle Demachy, Sabine Duhamel, Sylvain Fisson, Lynne Franjie, Anne Guiochon-Mantel, Marie-Hélène Jeanneret-Cretez, Damien Jouet, Christian Lagarde, Cécile Lecomte, Nicolas Leroy, Nicolas Lesca, Jean-François Lhuissier, Sabine Mallet, Abdeslam Mamoune, Dominique Meyer-Bolzinger, Christophe Mondou, Mouna Mouncif-Moungache, Frédéric Muyard, Agnès Noyer, Marc Oddon, Marie Olivier, Nathalie Payel, Ange Polidori, Gérard Porcher, Sophie Raisin, Corinne Renault, Isabelle Rondot, Sandrine Rui, Jimmy Selambarom, Hélène Tap, Benoît Tock, Pascale Torre, Xavier Tripoteau et Alain Trouillet.