Réforme de l'université : comment les facs s'organisent pour évaluer les étudiants malgré les blocages

Examens en ligne ou contrôle continu ? Les facs bloquées se débrouillent pour permettre aux étudiants de valider leur année.

Des policiers devant un bâtiment du campus Tertre de l\'université de Nantes, le 11 mai 2018.
Des policiers devant un bâtiment du campus Tertre de l'université de Nantes, le 11 mai 2018. (ESTELLE RUIZ / CROWDSPARK / AFP)

Marseille, Lyon, Nanterre… Les unes après les autres, des facultés annulent les examens de fin d'année, en raison des blocages organisés par des étudiants et des manifestants qui protestent contre la réforme de l'accès à l'université. Rennes 2 et Nantes ont dû à leur tour annuler ou reporter les épreuves prévues jeudi 17 mai. Pas question de mettre la moyenne à tout le monde. Les étudiants pourront-ils être évalués quand même ? On vous explique comment les facs s'organisent.

Epreuves délocalisées

Amphis inaccessibles, matériel dégradé… Certaines facs ont fait le choix de délocaliser les épreuves dans des centres d'examens. Mais certains ont à leur tour été bloqués par des manifestations. C'est le cas de certaines épreuves de droit de l'université de Nanterre, prévues le 11 mai à la Maison des examens d'Arcueil (Val-de-Marne), et qui ont dû être annulées. Lundi, la direction de Paris 8 a à son tour annulé les partiels qui devaient se tenir dans un centre d'examens à Saint-Ouen, après son blocage par des étudiants grévistes.

Certains ont toutefois pu passer leurs épreuves. Des étudiants nantais ont été convoqués à Rezé, à quelques kilomètres de leur université, où les examens se sont déroulés, malgré quelques échauffourées, selon France 3 Pays de la Loire. Les étudiants de Tolbiac, à Paris, ont été obligés de faire quelques kilomètres pour se rendre à Rungis, dans un centre d'examens difficile d'accès.

Devoirs maison et contrôle continu

C'est un exercice bien connu des étudiants : les DM ou devoirs maison, à rendre en temps et en heure au prof, tout au long de l'année. Début mai, la présidence de l'université Paris-Nanterre a retenu cette option, pour les épreuves non délocalisables. "Dans le contexte exceptionnel qui est le nôtre, elle me paraît garantir les meilleures conditions possibles de validation des examens", écrivait le président de l'université, Jean-François Balaudé, dans un communiqué, publié début mai. 

A cause du blocage de deux campus, l'université Lyon 2 a dû se résoudre à annuler toutes les épreuves sur table prévues entre le 15 et le 29 mai. Les modalités d'examens "reposeront à la fois sur le contrôle continu et des devoirs à la maison", précise la présidence de l'université.

Examens en ligne

C'est le plus difficile à organiser, et pourtant, certaines facs ont décidé de faire passer 100% des examens à distance, sauf pour les étudiants en situation de handicap et les étudiants Erasmus. A Montpellier, par exemple, la présidence a décidé de planifier en ligne quelque 780 examens. "Les sujets ont dû être réfléchis de manière à faire appel davantage à la réflexion qu'à la récitation de questions de cours (...), ce pour éviter la triche et la trop grande facilité", précise Laure Echalier, vice-présidente de l'université Paul-Valéry.

Sur les craintes de triche lors des examens en ligne, Gilles Roussel, président de la Conférence des présidents d'université (CPU) , assure à franceinfo qu'"il y a des techniques qui permettent de reconnaître et d'assurer que le jeune est bien en face de son ordinateur", a-t-il expliqué. Le logiciel Urkund, par exemple, repère les plagiats, et les questionnaires à choix multiple (QCM) sont réalisés en temps limité, avec des questions aléatoires, afin d'empêcher les élèves de les remplir à plusieurs.

Les Inrocks rappellent toutefois que cette méthode aussi est exposée aux risques de blocage. Début avril, la pièce où se trouvent les serveurs informatiques de l'université Paul-Valéry de Montpellier avait été vandalisée.