Reportage "Recalés" de Parcoursup : au cœur de la commission qui leur donne une deuxième chance

La phase d'admission principale de Parcoursup se termine, vendredi 15 juillet. C'est le dernier jour pour accepter une proposition d'admission dans l'enseignement supérieur. Les candidats sans rien peuvent toujours solliciter l'aide d'une commission.

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Des étudiants en Master à l'université de Guéret, dans la Creuse, en février 2021 (MARIE-JEANNE DELEPAUL / FRANCE-BLEU CREUSE)

Autour de la table, des agents de l'Académie de Paris, des chefs d'établissements, une représentante de l'enseignement agricole et du privé. Chacun a dans ses mains les dossiers des candidats "recalés" de Parcoursup. Les feuilles sont griffonnées, annotées, quelques mots pour chaque élève. Une commission d'accès à l'enseignement supérieur (CAES) se réunit alors que la phase d'admission principale de Parcoursup se termine, vendredi 15 juillet. Des CAES ont lieu dans toutes les académies, tout l'été, pour trouver une place aux bacheliers et aux étudiants en réorientation toujours sans proposition d'admission. Un rôle important dans une période stressante à moins de deux mois de la rentrée universitaire. Mi-juin, 16,5% des candidats n'avaient pas reçu de proposition d'admission, selon la ministre de l'Enseignement supérieur Sylvie Retailleau.

La commission se penche sur le dossier d'une candidate issue d'un bac professionnel métiers de la mode. Cette bachelière n'a reçu aucune réponse positive pour ses demandes de BTS dans le secteur tertiaire. "Les bulletins de 1ère et de Terminale montrent que c'était une étudiante sérieuse et appliquée, mais elle n'a pas d'avis favorable puisqu'on est très loin de son champ d'origine, elle n'est pas dans les attendus", souligne Corinne Pasco, inspectrice.

Voir au-delà des notes

Spécialiste des filières éco-gestion, Corinne Pasco connaît bien les attendus des formations et peut déceler dans chaque profil des points forts, au-delà des bulletins scolaires. Un engagement associatif ou un job d'été, par exemple. "Le fait d'avoir cette vision globale sur les centres d'intérêt  sur les activités, va permettre de compenser une simple vision arithmétique qui serait que sur les notes", explique l'inspectrice. "On les regarde, bien-sûr, mais pas que !"

>> Phase complémentaire de Parcoursup : les élèves ne doivent pas hésiter à "étendre géographiquement les voeux", conseille une spécialiste de l'orientation

La CAES peut délivrer quelques conseils aux candidats. "Quelques fois, ils n'ont pas élargis leurs choix, donc le premier conseil qu'on va leur faire c'est d'élargir géographiquement leurs choix et on va regarder s'ils sont mobiles", précise Virginie Cousin-Douel qui dirige ces commissions pour le rectorat de Paris. Mais cette décision n'est pas toujours facile vis-à-vis des familles. La distance peut poser des problèmes.

"C'est de l'humain"

Des formations en apprentissage, moins connues, sont également proposées.
Virginie Cousin-Douel affirme faire du sur-mesure : "C'est tout à fait personnalisé. La CAES c'est de l'humain. On gère un grand nombre de dossier, mais chaque dossier est regardé, donc c'est de la dentelle." En une réunion, une cinquantaine de dossiers sont observés à la loupe. En tout, 1500 seront traités, de mi-juin à septembre, rien que pour Paris. 

Quand les souhaits des jeunes sont trop déconnectés de leur parcours, ils sont redirigés vers les Centres d'information et d'orientation (CIO) pour revoir leur projet. Dans tous les cas, les élèves reçoivent un retour dans la foulée de la commission, sur la plateforme Parcoursup.

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