La France condamnée pour son faible taux de scolarisation des enfants autistes

Seuls 20% des enfants autistes sont aujourd'hui scolarisés dans des établissements classiques. Trop peu, juge le Conseil de l'Europe.

Un enfant autiste travaille avec une éducatrice, le 24 avril 2008, à Paris, à l\'institut médico-éducatif Les Petites Victoires.
Un enfant autiste travaille avec une éducatrice, le 24 avril 2008, à Paris, à l'institut médico-éducatif Les Petites Victoires. (FRANCK FIFE / AFP)

La France avait déjà été épinglée une première fois, en 2003. Saisi par l'association française Vaincre l'autisme, le Conseil de l'Europe a à nouveau condamné le pays en raison du faible taux de scolarisation des enfants autistes, rapporte L'Express, mercredi 5 février.

Selon le magazine, les treize experts indépendants reprochent à la France de ne pas respecter la Charte sociale européenne, qu'elle a pourtant ratifiée il y a quinze ans. Le document prévoit que les enfants et adolescents autistes doivent être scolarisés "en priorité dans les établissements de droit commun".

80% des enfants exclus

Dans les faits, seuls 20% d'entre eux sont actuellement scolarisés en "milieu ordinaire". C'est mieux qu'il y a dix ans, où ils n'étaient que 10%, mais le Conseil de l'Europe ne considère pas "qu'un progrès réel ait été enregistré en la matière", car 80% des enfants souffrant d'autisme restent "exclus de la jouissance d'un droit consacré et garanti par la Charte".

La France doit donc davantage ouvrir ses écoles à ces jeunes, ou si cela n'est pas possible, leur accorder une véritable éducation dans un établissement spécialisé, décrypte L'Express ; investir dans des institutions, plutôt que de "contribuer financièrement au déplacement en Belgique des enfants et adolescents autistes de nationalité française", concluent les experts.