L'apprentissage est "un enjeu majeur pour préparer l'avenir de l'entreprise et l'avenir du pays" estime l’Association pour l’emploi des cadres

L’apprentissage a connu un regain d’intérêt cette année, avec 40 % de contrats d’apprentissages en 2020 en plus.

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 (PASCAL BROCARD / MAXPPP)

L'apprentissage est "un enjeu majeur pour préparer l'avenir de l'entreprise et l'avenir du pays", a affirmé jeudi 11 février sur franceinfo Gilles Gateau, directeur général de l’Apec, l’Association pour l’emploi des cadres. En cette période de pandémie, "il est fondamental de continuer à accueillir des jeunes" en entreprise, souligne Gilles Gateau. Ils ne sont "pas préparés" à aborder le monde professionnel en période de crise. Ils doivent donc plus que jamais "se faire accompagner" et "ne pas désespérer".

franceinfo : Comment se porte l'apprentissage en cette période de crise sanitaire ?

Gilles Gateau : Il faut se réjouir que l'apprentissage se maintienne. On n'a pas eu de recul en 2020, malgré une situation du marché du travail très dégradée. C'est pour beaucoup de jeunes, pas seulement au niveau des CAP et Bac pro, mais aussi au niveau licence professionnelle et masters, une bonne façon de se former et d'entrer dans l'entreprise. Après, tous les jeunes sont pas concernés par l'alternance. Beaucoup ont fini leurs études, ont leur diplôme en poche, leur master, leur licence, parfois leur doctorat et se trouvent aujourd'hui en difficulté pour trouver leur premier emploi. Chaque année, il y a 170 000 jeunes qui arrivent sur le marché du travail avec une licence, un master ou un doctorat. Et en face, les offres d'emploi qui sont ouvertes aux débutants sont en baisse, à l'APEC, de 40% en 2020. C'est un peu moins mal en fin d'année et en ce début d'année 2021. Mais c'est toujours 20 à 30% en dessous de ce que c'était avant la crise.

En cette période de crise, il y a des difficultés qui s'accumulent. Obtenir un stage est encore plus compliqué. Les entreprises n'ont pas forcément envie de prendre de risques avec un jeune sans expérience ?

Il est fondamental de convaincre les entreprises de continuer à accueillir des jeunes, continuer d'assurer leur formation, leur intégration dans le monde du travail. C'est un enjeu majeur pour préparer l'avenir de l'entreprise et l'avenir du pays. Demain, nous risquons beaucoup de payer la fermeture des portes des entreprises aux jeunes. Il y a bien sûr des secteurs en difficulté. Il y a bien sûr des incertitudes sur l'avenir. Mais c'est pour cela aussi qu'il y a des aides qui sont en place pour aider à l'embauche de ces jeunes. A l'APEC, on mène un programme d'accompagnement de 50 000 jeunes diplômés. On est à peu près mi-chemin de cette ambition. D'ici l'été, il reste encore 25 000 places dans des ateliers qu'organise l'APEC pour accompagner ces jeunes. On voit cette attente des jeunes qui ne demandent qu'à entrer sur le marché du travail, dans l'entreprise, qui sont plein d'énergie, plein de positivité. Il ne faut pas désespérer.

Quel conseil donneriez-vous aujourd'hui à un jeune qui en a terminé ses études ou dont la fin des études approche ?

Le conseil, c'est vraiment de ne pas rester seul, de ne pas rester isolés. Ces jeunes n'ont pas été préparés à la situation qu'ils vivent aujourd'hui. Ils ont fait leurs études dans un climat et un contexte économique qui était très porteur pour les jeunes diplômés. Le marché s'est complètement retourné. Il y a autour de vous un environnement qui peut vous accompagner. Chercher un emploi, trouver un emploi, mettre en avant ses compétences, ce que l'on sait déjà faire, valoriser ses atout, ça ne s'apprend pas à l'université et dans les écoles. C'est maintenant qu'il faut le faire. C'est maintenant qu'il ne faut pas rester isolés. Il y a des offres d'emploi. Il y en a moins, mais il y en a encore beaucoup. Il y a des opportunités. Il faut se faire accompagner et ne pas hésiter à frapper à la porte de l'APEC ou d'autres organismes qui peuvent vous aider.

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