"Je n'ai aucune perspective à un mois et demi de la rentrée" : le désarroi des étudiants refusés en master

Des milliers d'étudiants qui viennent de valider leur licence ne savent toujours pas, fin juillet, s'ils pourront intégrer un master à la rentrée. Ils dénoncent une sélection injuste et trop poussée.

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édité par Clémentine Vergnaud - Noémie Bonnin
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Des étudiants suivent un cours à l'université de Rennes, le 4 janvier 2021 (illustration). (DAMIEN MEYER / AFP)

"Étudiants cherchent masters" : c'est ainsi qu'ils pourraient nommer leur recherche pour l'instant infructueuse. À un mois et demi de la rentrée universitaire, des milliers de jeunes tout juste diplômés d'une licence ne savent toujours pas s'ils pourront intégrer un master à la rentrée.

En effet, la sélection à ce niveau d'études est instaurée depuis 2017, sous conditions. Les étudiants sont nombreux à alerter sur la situation sur les réseaux sociaux et une pétition a même été lancée. Lancée par deux élèves en mal d'affectation, elle affirme que "les places existent" mais que "le système actuel ne permet pas de les allouer justement et efficacement"

>> Des étudiants sans master à la rentrée s'inquiètent d'avoir "travaillé pendant trois ans pour rien"

Mélissa, par exemple, a envoyé plus d'une quarantaines de candidatures. "J'ai postulé à Paris, Caen, Marseille, Toulouse, Montpellier, en Bourgogne...", liste la jeune femme. "Je n'ai eu que des refus", déplore-t-elle. C'est pourtant la deuxième année qu'elle candidate pour intégrer des masters de droit. En 2020, elle avait déjà essuyé des refus. Ne pouvant poursuivre ses études, Mélissa en a donc profité pour muscler son dossiers : mission humanitaire, stage à la Ligue des droits de l'Homme, service civique.

"C'est un sentiment d'injustice et de frustration"

Mélissa, étudiante sans master

à franceinfo

"J'ai l'impression qu'on m'interdit de réaliser mon projet professionnel alors que j'ai les capacités et les compétences pour le faire." La jeune femme explique aussi avoir le sentiment "de ne pas être soutenue par des instances universitaires". "On se sent un peu seuls au monde." Elle a désormais décidé de tenter sa chance en Belgique.

Giacomo, lui, n'a pas encore toutes les réponses à ses candidatures. Cette attente est difficile à vivre : "C'est beaucoup de stress et de tension. On est collé à ses mails tout le temps." Au-delà de l'attente, c'est aussi l'incertitude qui est pesante : "Je ne sais même pas si j'aurai un master", s'angoisse-t-il. Cette absence de réponse a aussi un impact très concret : "À un mois et demi de la rentrée, je n'ai aucune perspective. Si je dois changer de ville, il faut que je commence à chercher un appartement." 

Les universités conseillent de "multiplier les candidatures un peu partout en France"

Le droit et la psychologie sont les filières les plus concernées par cet embouteillage. Au total, 11 000 recours ont été effectués en 2020 pour cette raison auprès des rectorats et 9 000 étudiants n'avaient finalement rien obtenu. Et cette année, "ce sera pire", alertent les syndicats étudiants qui réclament la création massive de places supplémentaires. Environ 4 400 nouvelles ont justement été annoncées au début du mois de juillet mais sans que l'on en sache plus, notamment sur leur localisation. 

De son côté, la conférence des présidents d'université met l'accent sur la mobilité. "En réalité, le master est une formation sélective. Il faut le dire clairement aux étudiants", affirme Guillaume Gellé, son vice-président, expliquant que les universités ne peuvent pas créer autant de places en master qu'ils en ont en licence. "Par conséquent il faut multiplier les candidatures un peu partout en France", préconise-t-il. "Il y a des places en master", rappelle pour sa part le ministère de l'Enseignement supérieur, arguant que tous les étudiants formulent les mêmes demandes au même endroit.

Rentrée universitaire : les étudiants inquiets, reportage de Noémie Bonnin
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