Hausse salariale pour les enseignants : le syndicat SE-UNSA dénonce "une tromperie" d'Emmanuel Macron

Publié Mis à jour
Durée de la vidéo : 5 min
Article rédigé par France Info
Radio France
Le chef de l'État a proposé jeudi une hausse de salaire de 100 à 230 euros net mensuels pour les enseignants dès la rentrée prochaine.

Olivier Flipo, directeur d'une école élémentaire à Cergy dans le Val-d'Oise et délégué départemental SE-Unsa, a estimé vendredi 21 avril sur franceinfo que la revalorisation salariale des enseignants annoncée par Emmanuel Macron est une "tromperie".

>> Rémunération des enseignants : trois questions sur le "pacte" et les primes annuelles en échange de missions supplémentaires

Le chef de l'État propose une "hausse inconditionnelle" de salaire de 100 à 230 euros net mensuels pour les enseignants dès la rentrée, soit "1,9 milliard d'euros" par an, selon le directeur d'école. "Il s'agit purement et simplement d'une tromperie, d'un trompe-l'œil, d'une annonce, d'une affiche, comme d'habitude", dénonce-t-il. "Mais quand on étudie bien la question, on s'aperçoit que finalement ça ne correspond pas du tout à ce qui était prévu", déclare Olivier Flipo.

Lors de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait promis une hausse de 10% sans condition. Selon Olivier Filipo, le compte n'y est pas : "On demande que la parole soit tenue puisqu'il la tient pour les retraites par rapport à ce qu'il a annoncé, bien qu'il le fasse également pour l'éducation", affirme le représentant syndical.

"Véritable provocation"

L'augmentation annoncée sera portée "jusqu'à 500 euros par mois" pour ceux qui accepteront de nouvelles missions, sur la base du volontariat, a ajouté le chef de l'État. Olivier Flipo estime qu'"il n'y a pas la place" pour faire des heures supplémentaires. Selon lui, les enseignants travaillent déjà 43 heures en moyenne par semaine.

Il craint que "certains enseignants soient obligés d'accepter parce qu'ils n'ont pas le choix". "Je pense à des femmes qui vivent seules, qui peuvent être obligées quand elles ont un loyer à payer, des enfants en charges de devoir faire plus pour finalement gagner plus", précise-t-il. "C'est une véritable provocation", a-t-il ajouté.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.