"On leur apprend à vivre ensemble" : la lutte contre le harcèlement scolaire commence en maternelle

C'est surtout à l'école élémentaire et au collège que les faits de harcèlement se produisent. Mais certains enseignants font de la prévention dès la maternelle.

Dans l\'école Charles-de-Gaulle à Clamart (Hauts-de-Seine)
Dans l'école Charles-de-Gaulle à Clamart (Hauts-de-Seine) (ALEXIS MOREL / FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

Prévenir le harcèlement scolaire dès 4 ou 5 ans : à l'école maternelle Charles-de-Gaulle, à Clamart, dans les Hauts-de-Seine, cela passe par des "ateliers coopératifs". Ce jeudi matin par exemple, les élèves de grande section s'initient au jeu de "L'île au trésor". Le principe est simple : les enfants marchent sur des planches pour accéder au trésor. Mais ces planches, ils doivent se les passer entre eux : si l'un refuse, personne n'avance...

Même si on ne s'entend pas avec un autre enfant, c'est important de l'aider, de jouer avec lui, de travailler avec lui.Aurore, professeure des écolesà franceinfo

S'entraider et ne surtout pas isoler un camarade : c'est ce qu'Aurore essaie d'apprendre à ses élèves. "Avec les enfants de maternelle, on n'utilise pas le mot 'harcèlement', parce que cela ne veut rien dire pour eux. On utilise le mot 'vivre ensemble'. L'idée qu'on veut vraiment favoriser par ces activités, c'est que tout le monde est important pour réaliser quelque chose."

La bienveillance passe donc par des jeux, mais aussi par des dispositifs permanents dans la cour de récréation. Carole Grèze, la directrice de l'école, est très fière par exemple de son "banc de l'amitié" : "Si un enfant se retrouve seul, il va s'asseoir sur ce banc, de façon à ce que d'autres enfants dans la cour le voient et aillent le chercher pour jouer".

Le harcèlement en maternelle reste rare, mais pas inexistant

"Nous avons connu une situation comparable à une situation de harcèlement, raconte la directrice. Un petit garçon embêtait toujours la même petite fille, que ce soit en classe ou dans la cour. Il la suivait, il y a eu des mots, des gestes déplacés..."

La situation s'est très vite réglée. Mais dans cette école de Clamart, on pense surtout à plus tard : tout faire pour que ces enfants ne deviennent pas des harceleurs dans quelques années.

Le reportage d'Alexis Morel à Clamart
--'--
--'--