Corée du Sud : des grands-mères vont à l'école primaire pour la première fois

En Corée du Sud, où la scolarisation des filles était quasi nulle le siècle dernier, des grands-mères sont invitées à rattraper leur retard à l'école primaire. Des établissements leur ouvrent les portes.

Franceinfo

Elles n'ont jamais appris à lire ou à écrire. Aujourd'hui, ces femmes seniors ont décidé d'aller à l'école primaire. L'une d'elles est particulièrement appliquée. "Même quand vous pensez qu'il est trop tard, si vous commencez à apprendre, vous gagnerez en courage, vous serez capable de voir le monde en grand, donc je vous souhaite d'apprendre aussi", se réjouit Kim Myeong-nam, 70 ans. Jusque dans les années 1960, la scolarisation des filles en milieu rural était quasi nulle en Corée du Sud. "Ma grand-mère me disait qu'une femme avec des connaissances finit toujours par se montrer rebelle", abonde Jean Seon-ja, une élève de 75 ans.  

"C'était beau de les voir apprendre"  

En 1968, l'école de Woldeung, dans la banlieue de Suncheon, comptait 1 200 écoliers. Ils sont aujourd'hui 29. Alors, pour éviter les fermetures de classes, l'école a proposé des cours aux habitants qui n'étaient jamais allés à l'école. Les grands-mères ont répondu présentes. "Elles ont mis tellement d'efforts pour apprendre les lettres coréennes et pour apprendre à écrire. J'avais de la peine pour elles, mais j'étais aussi très émue. C'était beau de les voir apprendre", sourit Kim Soon-ja, professeure de coréen. Certaines sont même devenues auteures. Au moins trois autres écoles de la province ont ouvert leurs portes aux grands-mères qui souhaitent apprendre à leur tour.

En Corée du Sud, où la scolarisation des filles était quasi nulle le siècle dernier, des grands-mères sont invitées à rattraper leur retard à l\'école primaire. Des établissements leur ouvrent les portes.
En Corée du Sud, où la scolarisation des filles était quasi nulle le siècle dernier, des grands-mères sont invitées à rattraper leur retard à l'école primaire. Des établissements leur ouvrent les portes. (Capture d'écran franceinfo)