Contre la réforme du collège, des milliers de professeurs manifestent à Paris

Le Snes, majoritaire dans le secondaire, s'attend à "une des plus grandes manifestations de ces dernières années". La fronde contre la réforme est menée par une coalition hétéroclite de syndicats, de droite mais aussi de gauche.

(Dans le cortège, les slogans ne manquent pas d'humour © RADIOFRANCE/ Gaële Joly)

"Abrogation de la réforme, un autre projet pour le collège" : derrière cette large banderole, des milliers de personnes ont commencé à défiler dans les rues de Paris, entre Port-Royal et le ministère de l'Education nationale - l'intersyndicale a demandé à être reçue en fin d'après-midi par la ministre.

"Ce qui risque de se passer si la ministre s'obstine, c'est que la réforme risque de s'étioler et de perdre de sa substance" , a déjà prévenu Frédérique Rolet, cosecrétaire générale du Snes, premier syndicat dans le secondaire, qui tablait hier sur "une des plus grandes manifestations du second degré de ces dernières années" .

Isabelle Sénépa est prof d'espagnol dans l'Allier, elle est révoltée...
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Parmi les points phares de la réforme : plus d'interdisciplinarité (cours mêlant par exemple français et histoire), autonomie accrue des établissements, deuxième langue vivante dès la 5ème et accompagnement personnalisé pour tous les élèves. Mais aussi disparition d'une grande partie des classes bilangues, fin des options latin-grec remplacées par des modules langues et culture de l'Antiquité.

L'idée, selon le ministère, est d'améliorer l'égalité des chances. Ce qui n'est pas l'avis du Snes, pour qui la réforme produira l'effet inverse : "inégalités croissantes entre les élèves, les établissements et les personnels" , "destruction progressive" de l'enseignement par discipline, "augmentation de la charge de travail" , "remise en cause de la liberté pédagogique" des enseignants, etc. 

(Le cercueil du Snalc, syndicat minoritaire classé à droite © RADIOFRANCE/ Gaële Joly)