Bac 2021 adaptable : le SNES-FSU dénonce "l'improvisation permanente" du ministère de l'Education nationale

Les modalités du baccalauréat 2021 pourront évoluer en fonction de l'épidémie de Covid-19, après la publication d'une ordonnance jeudi. Le syndicat enseignant dénonce notamment "un facteur de stress" pour les élèves.

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Une épreuve du baccalauréat à Strasbourg, en juin 2017. Photo d'illustration. (FREDERICK FLORIN / AFP)

Grâce à une ordonnance publiée le 24 décembre au journal officiel, le gouvernement s'autorise à adapter les modalités du baccalauréat et d'autres examens en fonction de l'évolution de l'épidémie de Covid-19, jusqu'à deux semaines avant le début des épreuves. "Se donner la possibilité de changer au dernier moment des épreuves du baccalauréat, ça ne fait que consacrer l'improvisation permanente qui règne au ministère de l'Education nationale", a dénoncé samedi sur franceinfo Sophie Vénétitay, secrétaire générale adjointe du SNES-FSU.

Repousser les épreuves de mars à juin

"Ce texte est quand même très problématique", estime la représentante syndicale qui en a découvert le contenu samedi. "Il faut s'imaginer que depuis le début de l'année on prépare des épreuves et quinze jours avant, on va vous dire 'ben finalement, on change la date, on change les règles du jeu', fait valoir Sophie Vénétitay. Quand vous êtes professeur, vous préparez vos élèves pour une échéance particulière, une date précise."

Quand vous êtes élève de 17 ans et que vous vous préparez au baccalauréat, c'est quand même un facteur de stress cette improvisation permanente.

Sophie Vénétitay, SNES-FSU

à franceinfo

Le texte de l'ordonnance prévoit que des adaptations des épreuves puissent être décidées sur leur nature, leur nombre, leur contenu, leur coefficient ou leurs conditions d'organisation, qui peut notamment s'effectuer de manière dématérialisée. Pour le SNES-FSU, il faut modifier le Bac 2021 mais pas au dernier moment. "Nous, on demande notamment que les épreuves qui sont prévues au mois de mars soient repoussées au mois de juin pour se laisser un peu de sérénité", défend Sophie Vénétitay. Le syndicat enseignant qui indique avoir fait des propositions depuis plusieurs semaines demande aussi "qu'on ait à chaque fois un plan A et un plan B et, que, à chaque fois, le plan A et le plan B soient connus".

Sophie Vénétitay regrette également l'annulation des évaluations communes prévues en première et terminale, au profit du contrôle continu. "On aurait préféré que les épreuves puissent se tenir", explique-t-elle.

Le contrôle continu, on se souvient tous ce que ça a donné l'an dernier pour le bac 2020 : des ruptures d'égalité, des notes qui avaient été bricolées dans les lycées avant d'arriver devant les jurys d'examen.

Sophie Vénétitay, SNES-FSU

à franceinfo

"Il y avait certainement d'autres modalités pour aménager les épreuves d'évaluations communes. Maintenant, il va falloir faire très attention à bien encadrer tout ça pour ne pas reproduire les erreurs de l'an dernier", avertit la secrétaire générale adjointe du SNES-FSU.

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