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L'appel d'un prince saoudien en faveur de la conduite des femmes

Le prince saoudien Al-Walid ben Talal a lancé sur Twitter un appel à accorder aux femmes le droit de conduire. La crise économique qui frappe actuellement le royaume sunnite n'est pas étrangère à cet appel.

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Le prince Al-Walid ben Talal, qui n'occupe aucune fonction politique, est connu pour son franc-parler (CHRISTOPHE ENA / POOL / MAXPPP)

"Arrêtez le débat, écrit le prince saoudien Al-Walid ben Talal, sur son compte Twitter, il est temps que les femmes conduisent."  Le milliardaire, connu pour son franc parler, entend faire bouger les choses dans son pays, le seul au monde où les femmes n'ont pas le droit de conduire.

"Empêcher une femme de conduire est aujourd'hui une question de droits semblable à celle qui se posait quand il leur était interdit d'avoir accès à l'éducation, ou d'avoir une identité à elle", précise-t-il dans ce communiqué, évoquant "des actes injustes" qui sont "beaucoup plus restrictifs que ce qui est légalement permis par les préceptes de la religion" musulmane.

Une demande justifiée par la crise économique

"Autoriser les femmes à conduire est désormais une demande sociale urgente que la conjoncture économique justifie", indique le prince saoudien Al-Walid ben Talal, faisant ainsi référence aux difficultés budgétaires que connaît son pays. Les recettes pétrolières sont en baisse suite à l'effondrement des cours du brut.

Conduire est en effet devenu une nécessité pour toutes ces femmes qui aspirent à plus d'autonomie : s'offrir les services d'un chauffeur est devenu onéreux, et toutes les familles saoudiennes n'en ont pas, ou plus, les moyens - en moyenne 3 800 riyals (950 euros) par mois. Or, en cette période d'austérité et de crise, un seul salaire ne suffit plus dans un ménage, et les femmes sont désormais contraintes de sortir de chez elles pour aller travailler.

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