Féminicides : l'État poursuivi en justice

Cathy Thomas a décidé d'attaquer l'État en justice. Elle reproche à la police et à la justice d'avoir sous-estimé la menace qui pesait sur sa sœur, tuée par son ex-compagnon.

FRANCE 3

C'est une douleur que Cathy porte en elle chaque jour qui passe. "Cela ne vous quitte pas. C'est imprimé. C'est un traumatisme", explique-t-elle. Il y a cinq ans, Cathy perd ses parents, Marguerite et Rolland, et sa sœur Isabelle. Ne supportant pas qu'elle le quitte, l'ex-compagnon d'Isabelle les assassine tous les trois. "Du jour au lendemain, toute mon enfance disparaît. Toute ma jeunesse disparaît. Enterrer son père, sa mère et sa sœur le même jour, c'est un cauchemar".

Une plainte contre l'État pour défaillance judiciaire

Le 4 août 2014, sur un parking de Grande-Synthe, Patrick Lemoine abat de sang froid Isabelle Thomas et ses parents. Il harcelait depuis des semaines la jeune femme, la suivait, et la menaçait par texto. Ce drame n'aurait jamais dû avoir lieu selon Cathy Thomas car au moment des faits, l'homme était placé sous contrôle judiciaire, dans l'attente de son procès. Les suites d'une première plainte déposée par son ex-compagne, fin juin 2014. Jusqu'à la tuerie, l'agresseur ne sera jamais inquiété. Cathy Thomas a porté plainte contre l'État pour défaillance judiciaire. L'ex-compagnon de sa soeur ne sera jamais jugé. Il s'est suicidé peu après les faits.

Le JT
Les autres sujets du JT
Une manifestation pour réclamer des mesures de lutte contre les féminicides, à Paris, le 6 juillet 2019.
Une manifestation pour réclamer des mesures de lutte contre les féminicides, à Paris, le 6 juillet 2019. (SAMUEL BOIVIN / NURPHOTO / AFP)