Allongement du congé paternité : "C'est une bonne mesure pour la société" mais qui va coûter "300 millions d'euros" aux entreprises, selon le Medef

Le président délégué du Medef, Patrick Martin, salue l'annonce de l'allongement du congé paternité à 28 jours. Il pointe néanmoins le coût et "les difficultés d'organisation" que cette mesure peut créer au sein des entreprises. 

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Un père et son nourrisson à l'hôpital Saint-Vincent de Paul à Paris (photo d'illustration). (DIDIER PALLAGES / AFP)

Alors que le président Emmanuel Macron annonce l'allongement du congé paternité à 28 jours au lieu de 14 à partir de juillet 2021, le président délégué du Medef Patrick Martin estime mercredi 23 septembre sur franceinfo que "c'est une bonne mesure pour la société" mais qui va coûter "300 millions d'euros" aux entreprises.

"C'est le sens de l'histoire. On va se rapprocher des pays les plus avancées en Europe sur ce point", commente Patrick Martin, "on voit très bien dans les jeunes générations qu'il y a cette aspiration des couples à s'occuper plus des enfants, à mieux se partager les tâches, on n'est évidemment pas ignorants ni indifférents à cette pression qui existe dans le monde entier et contribuera probablement à ce que nos enfants soient plus équilibrés à l'avenir".

Une difficulté ajoutée à la crise du Covid-19

"Après, ça va nécessairement créer des complexités et des coûts pour les entreprises, qu'on estime nous à 300 millions d'euros, parce que ce sont quand même 60% des entreprises qui cotisent aux allocations familiales", calcule-t-il. Cela va aussi créer "des difficultés d'organisation dans les petites et moyennes entreprises. Quand il y a un salarié qui occupe un poste clé et qui, très légitimement, prendra ce congé, il faudra que l'entreprise s'organise".

Alors qu'une partie de ce congé paternité pourrait être obligatoire, il rappelle que le Medef "regrette par principe tout ce qui est obligatoire". "Sans grande surprise, nous préférons que l'étalement puisse se faire à l'initiative du salarié, en accord avec l'employeur, sur la durée la plus longue possible et qu'il y ait la plus grande possibilité de fractionnement. Mais sans perdre de vue l'objectif qu'on partage de bonne prise en charge des enfants dès leur plus jeune âge", explique-t-il.

Mais Patrick Martin "ne comprend pas très bien pourquoi cette mesure importante et positive est annoncée maintenant", alors que les entreprises affrontent la crise économique provoquée par le Covid-19 et le confinement.

La situation des entreprises est tout de même assez tendue, et même critique dans certains cas.

Patrick Martin, président délégué du Medef

à franceinfo

"On comprend bien que cette mesure ne prendra effet qu'à l'été 2021, mais ne nous trompons pas de combat. Cela vient un peu se surajouter aux difficultés actuelles, mais on n'en fait pas un plat pour autant", ajoute-t-il.

Une amende vue comme superflue

Le président délégué du Medef estime que cette mesure devrait être financée par l'Etat et la collectivité et non les entreprises car "on ne peut pas vouloir les choses et leur contraire, relocaliser, redonner de la compétitivité aux entreprises françaises, et puis incidemment, par différents biais, leur compliquer la vie et alourdir leurs charges". D'ailleurs, il estime qu'on "peut très bien [se] passer" de l'amende de 7 500 euros prévue pour les entreprises qui ne respecteraient pas l'obligation de congé paternité, mesure qu'il qualifie de "petite tape sur le museau".

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