Afghanistan : les étudiantes devront porter un voile intégral et seront séparées des hommes, selon un décret des talibans

Les universités privées seront quant à elles tenues de "recruter des enseignantes pour les étudiantes", ou tenter de recruter "des enseignants âgés" dont la moralité aura été passée au crible.

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Des étudiantes afghanes à Herat, le 22 août 2020. (HOSHANG HASHIMI / AFP)

Les talibans édictent leurs premières règles à l'égard des femmes. Les étudiantes afghanes des universités privées devront porter une abaya noire, assortie d'un niqab couvrant le visage, et suivront les enseignements dans des classes non mixtes, selon un décret publié par le nouveau régime à la veille de la réouverture de ces établissements.

Les femmes inscrites dans ces universités devront également quitter la classe cinq minutes avant les étudiants et patienter dans des salles d'attente le temps que ces derniers aient quitté les lieux, précise ce décret daté du samedi 4 septembre et publié par le ministère de l'Enseignement supérieur. Les talibans n'ont pas encore annoncé quelles seraient les règles dans les universités publiques.

Pas d'hommes jeunes comme professeurs

Les universités seront quant à elles tenues de "recruter des enseignantes pour les étudiantes", ou tenter de recruter "des enseignants âgés" dont la moralité aura été passée au crible, peut-on encore lire dans ce décret.

Lors du premier passage au pouvoir du mouvement fondamentaliste entre 1996 et 2001, la règle de la non-mixité avait empêché la quasi-totalité des femmes d'étudier. Le port de la burqa, long voile couvrant complètement la tête et le corps, avec un grillage dissimulant les yeux, était alors obligatoire. L'abaya, que les étudiantes des établissements privés devront porter, est un large voile couvrant le corps. Le niqab, lui, couvre le visage et laisse apparaître les yeux.

Concernant les classes non mixtes, "ça va être compliqué d'un point de vue pratique, nous n'avons pas suffisamment d'enseignantes ni suffisamment de salles de classe pour séparer les filles" des garçons, souligne auprès de l'AFP un professeur d'université, qui a requis l'anonymat. "Mais le fait qu'ils permettent aux filles d'aller à l'école et d'aller à l'université est en soi une étape importante et positive", ajoute-t-il. Avant le retour des talibans, les étudiantes afghanes pouvaient suivre les cours dans des classes mixtes et assister à des séminaires donnés par des hommes.

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