Drogue : l'Office anti-stupéfiants a permis l'identification de près de 4 000 points de deal, 450 ont été démantelés

"Entre connaître des points de deal et conduire des opérations visant à leur démantèlement, ce sont deux étapes différentes, c'est un processus compliqué", a rappelé la patronne de l'Office anti-stupéfiants, Stéphanie Cherbonnier.

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Conférence de presse de l'Ofast, en février 2020 (illustration). (VINCENT ISORE / MAXPPP)

L'objectif de l'Office anti-stupéfiants (Ofast) est de permettre "une meilleure coordination des acteurs chargés de la lutte contre les stupéfiants", a expliqué à franceinfo sa cheffe Stéphanie Cherbonnier, mercredi 17 mars. Cet office, recomposé en février 2020, a pour but de mener des opérations anti-drogue, notamment pour "éradiquer les points de deal".

franceinfo : Quelle est l'efficacité de l'Ofast, depuis l'annonce de sa création en 2019 ?

Stéphanie Cherbonnier : Il s’agit d’opérations qui sont conduites dans le cadre du Plan national de lutte contre les stupéfiants, qui a été annoncé en septembre 2019 à Marseille. Une des opérations visait au recensement des points de deal sur l’ensemble du territoire français, métropolitain et outre-mer. Ce sont près de 4 000 points de deal qui ont été identifiés et depuis le mois de janvier, des opérations visant au démantèlement de ces points de deal sont conduites avec l'ensemble des acteurs qui travaillent dans la lutte contre les trafics. Ce sont des points de deal qui sont connus par les acteurs locaux. Néanmoins, entre connaître des points de deal et conduire des opérations visant à leur démantèlement, ce sont deux étapes différentes. Démanteler un point de deal, ça consiste à son éradication complète. C'est un processus compliqué puisqu'un point de deal, quand il est démantelé sur un secteur particulier, va avoir naturellement tendance à être déplacé sur un autre secteur.

Vous travaillez notamment avec les signalements effectués sur moncommissariat.fr. Quels sont les résultats ?

Cette plateforme est toute récente, puisqu'elle a été lancée le 1er mars par le ministre de l'Intérieur. Elle enregistre d'ores et déjà, même si nous n'avons pas beaucoup de recul, de nombreux signalements. Ce sont plus de 1 000 signalements qui ont été transmis aux cellules de renseignement opérationnel sur les stupéfiants qui sont implantés partout sur le territoire. Nous en avons 103 [cellules de renseignements] qui ont été déployées, il y en a au moins une par département. En 2020, nous avons mis en place ces 103 cellules de renseignements opérationnels sur les stupéfiants et ce sont plus de 4 000 informations qui ont été traitées par ces structures.

Y-a-t-il une réelle évolution du travail de lutte contre les stupéfiants avec cet office ?

La grande nouveauté dans la création de l'Ofast, c'est la mise en place d'une véritable politique publique de lutte contre les trafics de stupéfiants. Nous n'avions plus de plan depuis plusieurs années. C’est ce rôle de chef de file, avec en plus une meilleure coordination des acteurs chargés de la lutte contre les stupéfiants.

Comment les trafiquants ont évolué ?

L'ubérisation des trafics de stupéfiants, on en a beaucoup parlé durant la première phase de confinement, notamment. En mars, l'année dernière, il y a un an exactement, on a assisté à une désorganisation complète des trafics avec des difficultés d'approvisionnement et de distribution des produits durant le confinement. Très rapidement, les trafiquants se sont adaptés. Ils ont eu un recours massif aux réseaux sociaux et aux différentes messageries cryptées qui permettent d'offrir des services de drive, de livraison à domicile pour les usagers de stupéfiants. Donc il y a eu une évolution. On s’est adapté en conséquence, en développant l’enquête sous pseudonyme et le travail sur les réseaux sociaux et la cybercriminalité.

Quels sont les points d’entrée de la drogue en France ?

Les routes sont fonction des produits, puisque si l'on parle de cannabis, de résine de cannabis ou d'herbe de cannabis, on est plutôt sur un vecteur routier plus qu'un vecteur maritime, puisqu'on a de la résine qui provient majoritairement du Maroc, de l'herbe de cannabis qui provient majoritairement d’Espagne et là, c'est vrai que les trafiquants privilégient le vecteur routier, même si on voit se développer aussi le vecteur maritime et le transport par conteneur. Pour la cocaïne, c'est une importation depuis l'Amérique du Sud, avec une arrivée importante dans les ports par voie de conteneurs. Et puis le phénomène des passeurs, des mules, en provenance de Guyane, mais aussi en provenance d'autres pays d'Amérique du Sud.

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