Don du sang : la période d'abstinence imposée aux homosexuels réduite d'un an à quatre mois

Il s'agit d'une "évolution" et "d'une première étape" vers un alignement des conditions du don pour les homosexuels sur celles des hétérosexuels, envisagé "à l'horizon 2022".

Un homme donne son sang, le 21 décembre 2017, à Tours (Indre-et-Loire).
Un homme donne son sang, le 21 décembre 2017, à Tours (Indre-et-Loire). (GUILLAUME SOUVANT / AFP)

Le don du sang évolue. La période d'abstinence d'un an que doivent actuellement respecter les homosexuels pour pouvoir donner leur sang en France sera réduite à quatre mois à partir du 1er février 2020, a annoncé le ministère de la Santé, mercredi 17 juillet. Il s'agit d'une "évolution" et "d'une première étape" vers un alignement des conditions du don pour les homosexuels sur celles des hétérosexuels, envisagé "à l'horizon 2022".

Un alignement qui, par respect pour la sécurité des receveurs, ne pourra intervenir qu'après une évaluation des risques faite "en toute transparence", assure le ministère. L'abstinence d'un an instituée en 2016, par arrêté, avait suscité les critiques d'associations homosexuelles qui y voyaient une discrimination à leur égard. Avant 2016, et depuis 1983, en raison des risques liés au sida, l'exclusion des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) était totale.

"Pas de modification du risque"

La décision de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, de réduire de douze à quatre mois le délai permettant de donner son sang après la dernière relation sexuelle entre hommes, s'inscrit dans le cas de l'évaluation régulière des critères de sélections des donneurs et "s'appuie sur des éléments scientifiques, objectifs et indépendants". Les études de l'agence sanitaire Santé publique France avaient montré que l'ouverture du don du sang aux homosexuels en juillet 2016 n'avait pas augmenté le risque résiduel de transmission du virus du sida, déjà "très faible" en France.

En outre, une étude, baptisée Complidon, auprès de 110 000 donneurs montrait que les critères d'accès au don du sang étaient en grande majorité respectée mais qu'il arrivait qu'il ne le soient pas dans de rares situations, faute d'être compris ou acceptés, note-t-on au ministère.

Deux propositions d'évolution par rapport aux critères de 2016 étaient sur la table, soit l'ouverture aux hommes n'ayant pas eu de relations sexuelles avec des hommes dans les quatre derniers mois avant le don, soit l'ouverture au don aux HSH n'ayant qu'un seul partenaire dans les quatre derniers mois avant le don. L'analyse des risques réalisée par l'agence nationale de santé publique a montré que "le premier scénario avec quatre mois d'abstinence n'entraînait pas de modification du risque, contrairement au second avec lequel le risque de contamination théorique était multiplié par deux", relève-t-on dans l'entourage de la ministre.