Martinique : "C'était dirigé de sorte à éviter qu'on puisse travailler sur place", dénonce le directeur de deux des journalistes pris pour cible par des tirs

Quatre journalistes ont été pris pour cible en Martinique dans la nuit de jeudi à vendredi. Jean-Michel Psaila, directeur d'Abaca presse, parle d'"un véritable débordement dans tous les sens".

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Radio France
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Nuit de violences à Fort-de-France en Martinique le 26 novembre 2021. (THOMAS BR?GARDIS / OUEST-FRANCE / MAXPPP)

"C'était dirigé de sorte à éviter qu'on puisse travailler sur place", a déclaré vendredi 26 novembre sur franceinfo Jean-Michel Psaila directeur d'Abaca presse, l'agence dans laquelle travaillent deux des quatre journalistes photographes qui ont été pris pour cible près d'un barrage, à Fort-de-France, en Martinique alors qu'ils étaient en train de filmer et de prendre des photos. Selon Jean-Michel Psaila, l'ambiance était "plutôt calme" près de ce barrage, quand une moto "a surgi". C'est à ce moment que des tirs ont été entendus.

"Est-ce que c'était des tirs en l'air ou des tirs contre les journalistes, je ne le sais pas", a reconnu le directeur d'Abaca presse, évoquant toutefois "une pression évidente". "Ils ont tiré, ils voulaient que les journalistes partent, alors certes il n'y a pas d'impact sur la voiture et heureusement pas d'impact sur les journalistes, mais les coups de feu sont là", a-t-il déploré. "La nuit d'avant, on a eu la même pression, notre photographe était sur un barrage et il a été chargé par une quinzaine de personnes avec des matraques et des barres de fer. Heureusement que sa voiture a pu démarrer et qu'il a pu partir mais c'est très tendu", a-t-il raconté. "Ce ne sont pas des manifestants classiques", selon lui. "Je ne sais pas pourquoi ils ne veulent pas témoigner de leur mouvement, on est journaliste et on est là pour cela", a ajouté Jean-Michel Psaïla.

"Ce sont des gens très violents, il n'y a pas moyen de discuter."

Jean-Michel Psaila directeur d'Abaca presse

à franceinfo

"Si les manifestants attaquent les forces de l'ordre, les journalistes sont là pour en témoigner, si à l'inverse, il y a des abus des forces de l'ordre, les journalistes sont là pour témoigner mais, en l'occurrence, nous on est sur le terrain, on est au milieu de tout cela et à la fin cela peut mal finir", s'est indigné Jean-Michel Psaila. Par ailleurs, le directeur d'Abaca presse a dit regretter le mutisme des autorités : "On a une préfecture sur place qui est muette à toute demande des journalistes sur place." Selon lui, "il est essentiel de pouvoir travailler tous en commun".

Il a appelé à "la prudence absolue" de la part des journalistes sur place, estimant qu'il y a là "un véritable débordement dans tous les sens". "Le témoignage est essentiel dans nos démocraties mais nos vies ne doivent pas être mises en danger", a-t-il conclu.

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