Martinique : des journalistes visés par des coups de feu à Fort-de-France

Les quatre journalistes n'ont pas été blessés et ont eu juste le temps de monter à bord de leur véhicule et de quitter précipitamment les lieux.

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Un barage à Fort-de-France, en Martinique, le 25 novembre 2021. (LOIC VENANCE / AFP)

Quatre journalistes, dont un photographe de l'AFP, ont été visés par des coups de feu dans la nuit de jeudi 25 à vendredi 26 novembre dans un quartier de Fort-de-France alors qu'ils couvraient les violences urbaines nocturnes en Martinique. Les journalistes ont essuyé trois tirs dans une rue désertée en raison du couvre-feu strict décrété jeudi soir. Des hommes sur deux motos ont tiré sur les journalistes qui étaient en train de filmer et prendre des photos à bonne distance d'un barrage en feu.

Le photographe de l'AFP, Loïc Venance, deux journalistes de BFMTV/RMC Sport, Maureen Lehoux et Julien Taureau, et un photojournaliste d'Abaca Press, Raphaël Lafargue n'ont pas été blessés et ont eu juste le temps de monter à bord de leur véhicule et de quitter précipitamment les lieux. Les individus casqués ne les ont pas suivis.

"Putain y a les motos !"

"On est sortis de la voiture pour filmer le barrage de loin. On était près du canal Levassor, tout proche du port de plaisance, un endroit plutôt calme ces derniers jours. On était seuls. J'ai vu deux motos s'arrêter. J'ai crié : 'Putain y a les motos !'" a raconté Loïc Venance. Les journalistes avaient eu écho que des hommes à moto armés venaient provoquer les forces de l'ordre lors des violences nocturnes.

"Au moment de monter dans la voiture, il y a eu un premier tir. Puis deux autres tirs avant qu'on file", a détaillé Julien Taureau. "Ça faisait une heure et demie qu'on tournait dans la ville pour témoigner des violences. On a croisé énormément de policiers qui nous disaient de rentrer. Ils étaient hyper tendus. On s'est dit : 'c'est hyper calme, c'est pas normal'", a rapporté le photographe de l'AFP.

La Martinique est en proie à des violences nocturnes urbaines depuis l'appel à la grève générale lancé lundi par l'intersyndicale, pour protester notamment contre l'obligation vaccinale. Plusieurs policiers ont été la cibles de tirs depuis lundi, blessant légèrement nombre d'entre eux.

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