Covid-19 : 80% des jeunes de 15 à 30 ans disent avoir subi des préjudices importants du fait de la crise sanitaire, selon notre sondage

Isolement, difficulté financière et relationnelle, peur d'un diplôme au rabais, les jeunes sont en souffrance. Près de 79% des 15-30 ans pensent appartenir à la "génération sacrifiée".

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Une jeune femme à Paris, le 25 avril 2020. Photo d'illustration. (LP/MATTHIEU DE MARTIGNAC / MAXPPP)

Près de 80% des jeunes âgés de 15 à 30 ans disent avoir subi des préjudices importants du fait de la crise sanitaire liée au Covid-19, que ce soit sur le plan de leurs études, de leur emploi ou de leur vie affective, selon un sondage Odoxa-Backbone consulting pour franceinfo, le Figaro et France Bleu publié mardi 19 janvier.

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Parmi les jeunes français ayant rencontré au moins une difficulté, un jeune sur deux (52%) a vu son pouvoir d’achat baisser en raison de cette crise sanitaire et plus du tiers des jeunes actifs (34%) a perdu son emploi ou a eu de grandes difficultés à l’exercer. Une situation qui a bien sûr des conséquences directes sur le logement : un jeune sur cinq (18%) dit l'avoir perdu ou a connu de grandes difficultés pour le payer. De manière générale, les difficultés rencontrées par les jeunes sont plus importantes que celles rencontrées par l'ensemble des Français qui sont 69% à avoir connu au moins une difficulté.

Des difficultés pour poursuivre ses études

Difficile dans ces conditions de suivre des études normalement. La majorité des jeunes ne voit pas le bout du tunnel de cette crise sanitaire. Près de 80% d’entre-eux ont peur de rencontrer des difficultés pour mener à bien leurs études (+10 points en deux mois par rapport au sondage Odoxa Dentsu Consulting pour franceinfo et le Figaro publié en novembre 2020).

Ils expriment aussi leur ras-le-bol des cours en distanciel. Ils sont 55% à désapprouver la fermeture des universités. Huit sondés sur dix à réclament des assouplissements (82%). Ils estiment, pour 80% d'entre eux, que des cours en amphithéâtre peuvent avoir lieu avec la moitié des étudiants en présentiel. Ils sont 72% à craindre que leur diplôme aura moins de valeur du fait de la fermeture des universités.

Isolement, difficulté financière et relationnelle, peur d'un diplôme au rabais, les jeunes sont en souffrance. Plus du tiers des moins de 30 ans (34%) a consulté (13%) pour des questions psychologiques depuis le début de la crise sanitaire ou envisage de le faire (21%).

Cette souffrance psychologique a des conséquences sur leurs pratiques addictives. Un jeune de moins de 30 ans sur cinq fume plus (19%), 16% des jeunes consomment davantage d’alcool, alors que l'opportunité de boire un verre avec des amis se fait plus rare. Ils sont 11% à prendre plus de médicaments et 7% plus de drogues.

Sentiment d'une "génération sacrifiée"

Le sentiment d'être une "génération sacrifiée" est très fort. 79% des jeunes de moins 30 ans le pensent, 74% des Français s’accordent à penser "qu’il est bien triste d’avoir 20 ans dans les années 2020". Pourquoi ce sentiment ? Parce que pour 8 Français sur 10, de toutes les générations, c’est la jeunesse qui sera à l’avenir la plus pénalisée par les conséquences économiques de cette crise.

Les jeunes sont inquiets pour eux-mêmes, mais aussi pour leurs proches. Ils sont 84% à craindre pour la santé de leur entourage. Même s’ils risquent beaucoup moins que leurs aînés de souffrir d’une forme grave du virus, plus de la moitié des moins de 30 ans (53%) a des inquiétudes pour sa propre santé. Même si un jeune sur deux dit avoir déjà transgressé les règles du couvre-feu ou des confinements.

Cette enquête a été réalisée auprès d’un échantillon de 1356 Français, dont 539 jeunes (15-30ans), interrogés par internet les 18 et 19 janvier 2021.

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