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Claudia, 19 ans, renvoyée au Mexique après 48 heures en zone d'attente à Roissy

Sa famille en France n'a pas réussi à fournir à temps l'attestation d'hébergement requise par la police aux frontières. 

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France Télévisions
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La zone de contrôle des bagages des passagers au terminal 2 de l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle (Seine-Saint-Denis), le 27 décembre 2012. (CHRISTOPHE PETIT TESSON / MAXPPP)

"Nous n’avons pas de mots pour décrire cette sensation d’injustice et de profonde impuissance." Dans un post de blog, publié dimanche 2 février, Alba raconte l'histoire de Claudia, sa cousine mexicaine de 19 ans renvoyée dans son pays faute d'attestation d'hébergement en France. Elle relate la vaine course contre la montre, entreprise par sa famille, pour accueillir durant 10 jours, la jeune fille. 

Tout commence à l'arrivée de Claudia à Roissy-Charles-de-Gaulle, lundi 27 janvier. L'ambassade de France au Mexique lui ayant expliqué qu'elle n'avait pas besoin de visa, la jeune fille ne possède pas de document particulier. Mais à la douane, la police aux frontières (PAF) lui réclame une attestation d’accueil prouvant qu’elle dispose d'un lieu d’hébergement en France. Un document nécessaire pour l'entrée sur le territoire, selon les indications du site du consulat de France à Mexico (en espagnol).

Malgré la présence de sa cousine, la jeune Mexicaine se voit refuser l'entrée sur le territoire français et est placée en "zone d’attente". "Elle n’a ni valise, ni affaires personnelles, tout lui a été confisqué (papiers, téléphone, affaires de toilette…)", rapporte sa cousine.

S'enchaînent alors allers-retours au centre de rétention où est placée Claudia, déclarations sur l'honneur de la famille, justificatifs officiels signés en mairie mais rien n'y fait. Mercredi 29 janvier, la jeune fille est remise dans un avion direction le Mexique. Malgré ses protestations et l'attestation en bonne et due forme déposée par sa famille en France quelque temps avant le décollage.

"Ce qui semble une injustice n'est pas une illégalité"

"Ce n'est pas un cas isolé", martèle Brigitte Espuche déléguée générale de l'Association nationale d'assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé), qui confirme à francetv info avoir suivi le dossier de Claudia. Selon l'association, qui publie de nombreux témoignages, 11 947 personnes se sont vu refuser l'accès au territoire français en 2012. A l'image de Claudia, 8 883 ont été placées en zone d'attente, dont 416 mineurs isolés. 

"Ce qui semble une injustice n'est pas une illégalité", note cependant Brigitte Espuche. Les personnes en situation irrégulière se trouvent sous la tutelle exclusive de la police aux frontières durant 96h et ne sont présentées à un juge judiciaire qu'après ce délai. Celui-ci peut prolonger le maintien en zone d'attente. Mais la plupart des étrangers sont renvoyés entre temps. "Dès lors que la personne ne correspond pas aux critères d'entrée dans l'espace Schengen, elle peut être renvoyée par le premier avion qui décolle vers le pays duquel elle provient", confirme à francetv info un membre de la section Alliance de la PAF de Roissy. Et de préciser: "Tout est faisable, c'est du ressort de l'officier qui gère son terminal."

En l'occurrence, la PAF n'a pas accepté de régularisation a posteriori, le document n'ayant pas été fourni avant le passage de la douane. 

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