115 : de plus en plus de familles SDF demandent un hébergement d'urgence

771.500 demandes d'hébergement d'urgence ont été faites l'an dernier d'après le baromètre annuel du 115, soit une hausse de 26% par rapport à 2012. Les appels de familles et de mineurs sans-abri augmentent, alors que près de la moitié des demandes n'aboutissent pas.

(Les appels au 115 de familles, de femmes seules et de mineurs en hausse en 2014 © FOTOLIA | highwaystarz)

Cette progression, dévoilée par le baromètre 2014 du 115,  s’explique d’abord par la hausse du nombre de demandeurs : en tout, 97.600 SDF ont sollicité le numéro d’urgence, soit 3.500 personnes de plus par rapport au dernier baromètre. Mais les demandes sont aussi plus souvent renouvelées : en cause, les faibles durées des accueils, souvent une seule nuit, et les nombreuses réponses négatives

"Depuis le début du quinquennat de François Hollande, la situation des sans-abri s'est plutôt dégradée"

 "Depuis le début du quinquennat de François Hollande, la situation des sans-abri s'est plutôt dégradée"  déplore Florent Gueguen, directeur général de la Fédération nationale des associations de réinsertion sociale (Fnars), qui réalise ce baromètre.

Ces demandes ont lieu majoritairement pendant les mois d’hiver, "une gestion au thermomètre ", d’après la Fnars. Le reste de l’année, les personnes sont davantage confrontées à des réponses négatives.

 

"40% des demandes sont liées à des familles" - Florent Gueguen au micro de Céline Asselot
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Une "hausse inquiétante" des appels de familles et de mineurs

Les hommes seuls constituent toujours la majorité des demandeurs, mais "on constate une hausse inquiétante des demandes des familles et des mineurs" , d’après Florent Gueguen.

Les familles représentent désormais 39% des demandeurs, avec des appels en forte hausse (+34%).  En 2014, 20.600 mineurs ont appelé le 115, un chiffre en hausse de 18%. Enfin, les appels en provenances femmes seules sont aussi plus nombreux, avec des demandes en augmentation de 30%.

D’autre part, une minorité du public (10%) est composée de travailleurs pauvres, qui ont un emploi mais ne peuvent se payer un logement.

Près de la moitié des demandes n’aboutit pas

Ce chiffre "énorme " ne concerne qu'"une partie du territoire ", hors Paris, souligne Florent Gueguen. Seule une minorité (17%) a été systématiquement hébergée, et 34% des demandeurs ont eu des réponses partielles. 

Principale cause des réponses négatives (77%) : l’absence de places disponibles. Le 115 se trouve placé dans une situation de "gestion de la pénurie " avec des stratégies d’hébergement de courte durée, ou le resserrement des critères d’éligibilité.

De même, le tri des demandeurs se fait parfois par la disponibilité des places, puisque les centres d'hébergement par exemple, majoritairement conçus pour les personnes isolées, ne sont pas adaptés à l'accueil des familles, envoyées dans des hôtels.

Au total, si l'on inclut les appels pour des demandes de prestations (écoute, informations relatives à un hébergement, renseignement sur l'aide alimentaire, mise en relation avec un travailleur social), près de 104.000 personnes ont sollicité ce numéro d'urgence l'an dernier.