Atterrissage de Perseverance sur Mars : "Je suis super fier d'avoir pu vivre ça", "l'euphorie" des chercheurs français participant à la mission

Agnès Cousin et Baptiste Chide ont participé à la réalisation de SuperCam, un instrument multifonction qui permettra au véhicule de la Nasa , pour la toute première fois, d'enregistrer les sons de la planète rouge.

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Des membres de la NSA observent les premières images transmises par le rover Perseverance après son atterrissage sur Mars, le jeudi 18 février 2021. (BILL INGALLS / NASA)

"C'est incroyable", a réagi jeudi 18 février sur franceinfo Baptiste Chide, chercheur à l’Institut de recherche en astrophysique et en planétologie (Irap), après l'atterrisage du Rover Perseverance sur Mars, peu avant 22h. L'équipe du scientifique français a participé à la conception de SuperCam, un instrument multifonction embarqué par le véhicule qui permet d'enregistrer des sons. "Je me sens très chanceux" et "super fier d'avoir pu vivre ça", s'est réjoui Baptiste Chide.

C'est la première fois dans l'histoire spatiale qu'un micro enregistrera les sons de Mars. Juché en haut du rover américain Perseverance, l'instrument SuperCam, conçu par des Français, va étudier les roches martiennes en son et lumière, avec son rayon laser et un micro, à la recherche de traces d'une vie passée sur la planète rouge.Il permettra d'écouter l'atmosphère martienne mais aussi les instruments de Perseverance afin de vérifier leur bon fonctionnement.

"On avait nos tripes là, dans la sonde"

"L'euphorie c'est parce que les sept minutes de terreur [avant l'atterrissage de Perseverance] portaient bien leur nom", s'est réjouie sur franceinfo Agnès Cousin, astronome adjointe à l'Irap. "Il y avait quand même plein d'étapes à faire correctement. Et aussi parce qu'ci à Toulouse [la Cité de l'Espace], c'est ici en partie que la SuperCam a été fabriquée. Ça fait des années qu'on travaille dessus. On avait nos tripes là, dans la sonde. C'est juste génial", a-t-elle lâché.

Pour la SuperCam, "la Nasa avait fait l'appel d'offres, il fallait répondre, en début 2014, donc ça fait très longtemps déjà", indique Agnès Cousin. Après l'arrivée de Perseverance, "Il y a différentes étapes à venir, différents types de réunions. Ainsi, on va demain [vendredi] pouvoir allumer l'instrument [SuperCam] pour vérifier que tout va bien, on va allumer le micro pour voir si ça fonctionne bien".

"On va regarder les premières images. Il y aura la première discussion scientifique à 5h du matin parce que pendant ces trois premiers mois, on va vivre aux horaires martiens", explique la chercheuse. Il faut "s'ajuster, parce qu'un jour sur Mars c'est 24 heures et quarante [minutes] presque et du coup, donc, tous les jours, on se décale un petit peu".

"Des années de travail et de découvertes"

"C'est un grand soulagement", s'est félicité André Debus, le chef de projet des contributions françaises au projet ExoMars au centre national d'études spatiales, jeudi 18 février sur franceinfo, après l'atterissage sans encombre du rover de la Nasa Perseverance sur Mars. "Ce sont des années de travail et de découvertes qui vont être faites", s'est réjoui le scientifique français au terme du voyage de sept mois entrepris par le robot de plus d'une tonne.

"Nous y sommes ! Here we are!" a tweeté Emmanuel Macon, quelques secondes après l'annonce de la NASA. Le président de la République a assisté à l'atterrissage au siège parisien du Centre national d'études spatiales (Cnes), alors que la France a conçu l'un des nombreux instruments scientifiques du rover.

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