"Ma thèse en 180 secondes" : "A peine fini, j'ai déjà envie de remonter sur scène", se réjouit le vainqueur

Le mathématicien belge Adrien Deliège a remporté le concours de vulgarisation de travaux scientifiques. Francetv info l'a rencontré. 

Le mathématicien belge Adrien Deliège, à Paris, le 1er octobre 2015, lors de la compétition \"Ma thèse en 180 secondes\". 
Le mathématicien belge Adrien Deliège, à Paris, le 1er octobre 2015, lors de la compétition "Ma thèse en 180 secondes".  (KOCILA MAKDECHE / FRANCETV INFO)

Trois minutes pour captiver un public sur un sujet de thèse. C'est le défi que se sont lancés les seize candidats de la finale internationale de "Ma thèse en 180 secondes", jeudi 1er octobre, à Paris. Devant des centaines de personnes, les thésards sont montés sur la scène du grand amphithéâtre de la Sorbonne pour vulgariser leurs recherches.

"Analyse de séries temporelles climatiques basée sur les ondelettes." C'est grâce à ce sujet, à première vue aride, que le Belge Adrien Deliège, chercheur à l'université de... Liège, a remporté le concours. Ses travaux s'intéressent au phénomène météorologique El Niño. Depuis son petit nuage, le mathématicien a répondu aux questions de francetv info.

Francetv info : Ce soir, le scientifique semble s'être transformé en showman. Est-ce le cas ? 

Adrien Deliège : C'est un peu ça. A peine fini, j'ai déjà envie de remonter sur scène. J'aime beaucoup expliquer, vulgariser, rendre compréhensibles des choses qui ne le sont pas. On fait tous des choses qui sont très techniques, mais être chercheur, ce ne sont pas que des calculs, c'est aussi expliquer ce que l'on fait. Pour ça, il faut des métaphores efficaces. Dans mon cas, j'ai choisi de comparer les ondes que j'étudie à la musique. Ça a aussi été beaucoup de travail. C'est la troisième fois que j'explique ma thèse sur une scène dans ces conditions, mais au total, j'ai dû m'entraîner 150 fois devant mon miroir. 

Comment êtes-vous arrivé aux mathématiques ?

J'ai dû tomber dedans petit. Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours aimé les chiffres. Puis j'ai eu un très bon professeur au lycée qui m'a vraiment donné le goût des mathématiques. Alors je me suis lancé sans savoir ce qu'il adviendrait de moi. Et aujourd'hui, je suis là.

Vous attendez-vous à recevoir des propositions d'emploi après cette performance ?

On va voir si je suis contacté. Depuis tout à l'heure, mon téléphone n'arrête pas de sonner dans ma poche, mais je doute que ce soit des propositions d'emploi. Ce doit plutôt être ma famille et mes amis qui m'ont regardé sur internet depuis la Belgique. Trouver du travail n'était pas du tout le but, au départ. J'ai vraiment fait tout cela pour m'amuser et pour partager mon travail. Et puis, je ne travaille sur ma thèse que depuis deux ans. Il me reste donc deux ans avant d'être sur le marché.

Ce sera du gâteau, la soutenance, après tout cela...

Ce ne sera pas du même calibre, à mon avis. Pour la présentation, ça devrait aller. Ensuite, toute ma démonstration devra être appuyée par des masses de calculs. Et ça dure 45 minutes. Soit quinze fois plus que ma prestation d'aujourd'hui.