La tuberculose, une maladie liée au destin de l'homme

Selon une étude, la maladie a vu le jour il y a 70 000 ans en Afrique et ne cesse depuis d'accompagner l'activité humaine. Elle tue aujourd'hui près de 1,5 million de personnes chaque année.

Des bactéries de tuberculose enveloppées par un globule blanc.
Des bactéries de tuberculose enveloppées par un globule blanc. (VISUALS UNLIMITED / GETTY IMAGES)

Le bacille de la tuberculose, une infection qui coûte la vie à près de 1,5 million de personnes chaque année, a vu le jour il y a 70 000 ans en Afrique. Et depuis, il a suivi l'homme partout dans ses migrations. C'est ce qui ressort d'une étude publiée dimanche 1er septembre dans la revue Nature Genetics, et menée par une équipe scientifique helvético-espagnole sur l'origine de la Mycobacterium tuberculosis.

Cette analyse indique que ce que l'on appelle encore le bacille de Koch s'est répandu en raison de "l'augmentation de densité de la population humaine au cours de la période néolithique". Les chercheurs relèvent ainsi une histoire parallèle troublante entre l'homme et le bacille en terme d'évolution. "Les migrations de l'homme moderne et ses changements de mode de vie ont créé des conditions favorables pour l'évolution d'une maladie de plus en plus meurtrière", souligne le laboratoire Swiss TPH.

Un espoir pour vaincre la maladie ?

Une autre étude génétique sur le bacille, également publiée dans Nature Genetics, a porté cette fois sur les mécanismes de résistance de la mycobactérie aux traitements, question centrale dans le combat mené actuellement contre la maladie. Des chercheurs de la Harvard Medical School, aux Etats-Unis, ont découvert que certains gènes jouaient un rôle dans la régulation des parois cellulaires de la bactérie, par là où les antibiotiques s'attaquent au bacille, et ont pu déduire que le phénomène de résistance était bien plus complexe que prévu.

On pensait jusqu'à présent que la résistance se produisait avec une seule mutation dans un gène. En fait, il s'agirait d'un processus en plusieurs étapes qui commence avec une faible résistance, puis s'intensifie. Cette étude ouvre donc de nouvelles portes dans la course contre la montre engagée actuellement contre la montée en puissance des souches résistantes de tuberculose. Sévissant surtout dans les pays pauvres, mais pas seulement, la tuberculose est la maladie infectieuse la plus meurtrière au monde après le sida. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), 8,7 millions de personnes ont développé la tuberculose en 2011 et 1,4 million en sont mortes.