Voyage dans l'espace : "J'ai des rêves, qu'est-ce qui m'interdit de les réaliser ?", interroge Philippe Croizon

L'aventurier sans bras ni jambe souhaite être la première personne atteinte de handicap à être envoyée dans l'espace. Il s'est confié à franceinfo.

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Philippe Croizon à Angoulins (Charente-Maritime), en novembre 2020. (ROMUALD AUG? / MAXPPP)

"Un rêve de gosse" : à 52 ans, Philippe Croizon, amputé des quatre membres, a déjà relié les quatre continents à la nage, participé au rallye Dakar et veut désormais aller dans l’espace, malgré son handicap. Après avoir interpellé Elon Musk sur Twitter, le milliardaire américain promoteur des vols civils dans l’espace, Philippe Croizon sera en octobre prochain sur la base de lancement de Cap Canaveral, aux États-Unis, pour assister au décollage de la première fusée touristique. Il va également engager une préparation physique pour peut-être se rendre à son tour dans l'espace.

franceinfo : Votre objectif est de devenir la première personne handicapée à conquérir l'espace. Vous avez pour cela contacté l'américains Elon Musk, le patron de SpaceX. Comment ça s'est déroulé ?

Philippe Croizon : C'est parti d'une boutade. J'ai dit à mes followers sur Twitter, "si j'atteins 50 000 followers avant Noël, dans un mois, j'enverrai un tweet à Elon Musk pour qu'il m'envoie dans l'espace". J'ai fait 54 000 followers en deux heures. Donc pris à mon propre piège, j'envoie un tweet à Elon Musk en lui disant "Écoutez, voilà, je suis un aventurier français. Je n'ai pas de bras et pas de jambes, envoyez-moi dans l'espace."

Contre toute attente, il me répond en me disant "Philippe, dès que la navette Starship est prête pour accueillir une personne handicapée, on vous envoie dans l'espace. Et moi qui ne dégonfle jamais, j'ai dit "Mes messages privés sont ouverts" et depuis, on échange par mail. Il m'a mis en contact avec Jared, le pilote de la navette, et j'ai rendez-vous avec eux au mois d'octobre à Cap Canaveral. En octobre, je vais y aller en octobre pour le premier décollage de la première fusée touristique avec les premiers touristes. Et ensuite, on va discuter de comment on organise le vol. Après, il faut être lucide, il y a beaucoup de choses avant, il faut passer la médecine et les entraînements, mais avant de traverser la Manche, je ne savais pas nager.

D'une boutade sur internet, vous allez vous retrouver dans l'espace...

Il y a la boutade, mais il y a aussi ce vieux rêve qui était là, qui traînait. Après avoir rallié les continents à la nage, j'avais dit aux journalistes : "Il me reste une mer à traverser, c'est la mer de la tranquillité sur la Lune. Et quand j'avais fini, j'avais dit "maintenant, il me reste un objectif, c'est aller dans l'espace. [...] Dans mes conférences que je donne en permanence : c'est du rebond de la résilience, du retour à la vie, du "tout est possible". Le seul truc, c'est qu'il faut oser tenter sa chance et ne pas avoir peur. C'est mon mode de fonctionnement. J'ai des rêves, des envies. Qu'est ce qui m'interdit de les réaliser ? A part nos peurs ? C'est tout ! Moi j'ai envie de le faire, je le fais !

Quelles sont les étapes ? Partir à 52 ans, c'est possible ?

Bien sûr ! Je suis dans la fleur de l'âge. [...] Cela va être une préparation exactement comme les astronautes. Les trois personnes, qui vont partir avec Jared Isaacman au mois d'octobre, ont un entraînement du mois de mars jusqu'au mois d'octobre, comme les astronautes pour se préparer physiquement. Après, c'est un "voyage". On est assis. C'est quand même un voyage de deux à trois jours. C'est trois jours autour de la planète à tourner. Donc, le fait est que c'était un rêve de gosse de voir les étoiles sans aucune pollution lumineuse et de voir notre petite planète juste en dessous et de dire "Wow, qu'est-ce qu'elle est belle !"

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