SpaceX : "C'est une ère nouvelle qui commence", s'enthousiasme l'astronaute français Patrick Baudry

La fusée Falcon-9 a réussi son décollage samedi à 21h22, heure française. "Une réussite technique parfaite", a réagi sur franceinfo l'astronaute français.

La fusée Falcon-9 de la société SpaceX a décollé du centre spatial Kennedy en Floride, le 30 mai 2020.
La fusée Falcon-9 de la société SpaceX a décollé du centre spatial Kennedy en Floride, le 30 mai 2020. (SAUL MARTINEZ / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

"C'est une ère nouvelle qui commence", a réagi samedi 30 mai sur franceinfo Patrick Baudry, astronaute français ayant volé dans la navette américaine Discovery en 1985, après le décollage réussi de la fusée Falcon-9 de SpaceX en Floride, avec à son bord deux astronautes américains. La navette Falcon 9 doit arriver sur la station spatiale internationale dimanche 31 mai. Il s'agit du premier vol habité en provenance des États-Unis depuis 2011, ainsi que le premier vol confié par la Nasa à une société privée, SpaceX, créée par le milliardaire canadien Ellon Musk.

"On pourra enfin atteindre nos rêves"

"Cette ère nouvelle dans laquelle nous sommes rentrés avec cette fusée de SpaceX, et surtout avec la vision d'Ellon Musk, c'est une ère dans laquelle on pourra enfin approcher, voire atteindre nos rêves", a déclaré sur franceinfo l'astronaute français. "Je suis Ellon Musk depuis maintenant 18 ans. Ce soir, c'était un vrai bonheur de voir que la Nasa lui avait fait confiance pour que les États-Unis reprennent pied dans un espace habité, a-t-il poursuivi. C'est une réussite technique parfaite, avec une fusée qui coûte le cinquième d'une fusée Ariane équivalente."

La messe est dite, et maintenant nous allons continuer à avancer, et c'est ce dont je rêve depuis 30 ans.Patrick Baudry, astronaute françaisà franceinfo

Patrick Baudry a insisté sur la "grave erreur de l'Europe" de ne pas avoir misé sur les vols habités. "Cela fait 15 ans que je le répète. Cette Europe n'est pas l'Europe dont je rêvais il y a vingt ou trente ans. On a travaillé sur Hermes, qui était un véhicule spatial habité, entre 1986 et 1992. On aurait dû faire ce véhicule spatial habité européen. Tout s'est arrêté car on a eu affaire à des politiques qui n'ont aucune vision. Où-est la vision d'avenir aujourd'hui, quand on parle de l'espace européen ? Je dois avouer, à ma grande honte, que j'ai un peu perdu espoir en l'Europe. C'est bien triste", a conclu l'astronaute français.