La sonde Rosetta coupe définitivement ses communications avec le robot Philae

Dans le cadre de la mission Rosetta, le robot s'était posé le 12 novembre 2014 sur la comète Tchouri, à 500 millions de kilomètres de la Terre.

Modélisation du lancement du module Philae depuis la sonde européenne Rosetta, avant son atterrissage sur la comète Tchouri, en novembre 2014.
Modélisation du lancement du module Philae depuis la sonde européenne Rosetta, avant son atterrissage sur la comète Tchouri, en novembre 2014. (ESA)

Adieu Philae ! Mercredi 27 juillet, la sonde européenne Rosetta a coupé ses communications avec le petit robot Philae posé sur la comète Tchouri, a annoncé l'Agence spatiale européenne (ESA) sur son blog. Philae ne répondait plus aux scientifiques depuis le 9 juillet 2015. "C'est la fin d'une mission fascinante et couronnée de succès", a commenté le porte-parole de l'agence spatiale allemande DLR. A l'agence spatiale française, le CNES, les scientifiques ont également dit "bye bye" au robot, sur Twitter. 

Philae avait été envoyé sur Tchouri dans le cadre de la mission Rosetta. Cette dernière doit aider les scientifiques à comprendre comment la Terre et les autres planètes se sont formées, les comètes procédant de la création du système solaire il y a 4,6 milliards d'années.

Quel est le bilan de Philae ?

Le robot Philae s'était posé le 12 novembre 2014 sur la comète Churyumov-Gerasimenko (Tchouri, pour les intimes), à 500 millions de kilomètres de la Terre, ce qui constituait déjà un exploit. Le robot a ensuite fonctionné 60 heures d’affilée avant de s’éteindre, puis de redonner de ses nouvelles à plusieurs reprises, sans parvenir à garder le contact avec la Terre.

Les données collectées par Philae sur Tchouri ont permis de faire des découvertes les comètes, confirmant notamment la présence de molécules prébiotiques. Selon un premier bilan réalisé par 20 Minutes, cela confirme que "lorsque des milliards de comètes ont percuté la Terre et amené de l’eau sur Terre, la vie a pu apparaître grâce à la présence de ces fameuses molécules".

"Nous en savons plus sur la dureté du sol, qui est constitué de deux couches. Tout cela était inconnu avant, au même titre que la présence d’oxygène moléculaire que l’on ne décelait pas avant ou l’absence de champs magnétique de son noyau", poursuivait le chef de projet de la mission Rosetta pour le CNES, Philippe Gaudon, cité par le quotidien. Le CNES a notamment évoqué une surface semblable à celle d'une coquille d'œuf

Dans un tweet, la sonde Rosetta s'est souvenue de tous ces grandes découvertes réalisées avec Philae. 

Qu'en est-il de la mission Rosetta ? 

La sonde européenne Rosetta s'éteindra quant à elle le 30 septembre prochain en s'écrasant sur la comète Tchouri, a annoncé le Centre national d'études spatiales (CNES). Cette ultime manœuvre marquera la fin d'un périple spatial de 12 ans. A partir du mois d'août, les scientifiques aux commandes de Rosetta opéreront "les derniers changements de trajectoire", lui faisant réaliser "une descente contrôlée inédite" pour rejoindre progressivement la comète. En temps réel, elle fournira des clichés à très haute résolution et effectuera des mesures scientifiques, jusqu'à son arrivée sur Tchouri, où la sonde y retrouvera son copain Philae, et s'éteindra à son tour. Définitivement. 

Ensemble, ils s'éloigneront chaque jour un peu plus du Soleil, la seule source quotidienne d'énergie pour l'orbiteur et l'atterrisseur. "Cette annonce peut certes paraître un peu triste, vu à quel point le monde entier s'est ému de cette mission incroyable", a souligné Jean-Yves Le Gall, président du CNES. "Mais c'est pour eux deux la plus belle des fins de mission avec à la clé la possibilité d'effectuer de nouvelles mesures et des prises de vue au plus près de la comète, qui permettront d'apporter de nouvelles données originales pour la communauté scientifique mondiale." Et de conclure : "Et quelle plus belle fin pour Rosetta que de donner un ultime baiser à sa comète !"