La sonde japonaise Hayabusa2 a réussi à se poser sur un astéroïde à 300 millions de kilomètres de la Terre

Comme prévu, elle n'a touché sa surface que quelques secondes, le temps de collecter de la poussière présente sur son sol.

Une image de synthèse de l\'Agence d\'exploration spatiale japonaise montre l\'atterrissage de la sonde spatiale Hayabusa2 sur l\'astéroïde Ryugu, réussi le 22 février 2019.
Une image de synthèse de l'Agence d'exploration spatiale japonaise montre l'atterrissage de la sonde spatiale Hayabusa2 sur l'astéroïde Ryugu, réussi le 22 février 2019. (JAXA / REUTERS)

Les résultats doivent nous renseigner sur la formation de notre système solaire, rien que ça. La sonde spatiale japonaise Hayabusa2 a réussi à se poser furtivement sur un astéroïde, vendredi 22 février, et à collecter des poussières du sol de ce corps interstellaire, le tout à plus de 300 millions de kilomètres de notre planète.

Comme prévu, Hayabusa2 ne s'est posée que quelques secondes sur l'astéroïde Ryugu, le temps de lancer un projectile – une sorte de balle – pour dégager des poussières et en prélever un échantillon. Une autre opération de prélèvement un peu différente est prévue dans plusieurs semaines.

D'abord anxieux, les responsables de la mission se sont mis à applaudir de joie quand la sonde a donné un signal positif. Il faudra plusieurs jours pour acquérir la certitude absolue que les échantillons de sol ont bien été collectés, "mais la probabilité est élevée", selon les responsables.

Un voyage tortueux de plus de quatre ans

Hayabusa2 avait été lancée le 3 décembre 2014, et a parcouru 3,2 milliards de kilomètres pour arriver à destination, en juin 2018. L'astéroïde ne se trouve pourtant qu'à 340 millions de kilomètres de la Terre, mais il est impossible de s'y rendre en ligne droite.

Sa cible, Ryugu, est un astéroïde très ancien en forme de diamant qui date de la formation du système solaire. Le but ultime de la mission est de contribuer à enrichir les connaissances de notre environnement spatial "pour mieux appréhender l'apparition de la vie sur Terre", selon l'Agence d'exploration spatiale japonaise.

Une zone de 6 mètres de diamètre pour atterrir 

La sonde devait initialement se poser ailleurs en octobre dernier, mais il a fallu trouver un lieu pas trop accidenté afin de ne pas endommager ce fragile engin, ce qui a pris plus de temps que prévu. In fine, c'est un espace de seulement 6 mètres de diamètre qu'il a fallu viser.

En octobre, elle avait largué à la surface de ce corps céleste un petit robot franco-allemand qui avait travaillé à analyser la composition de son sol. Hayabusa2, qui s'est replacée en orbite autour de l'astéroïde, doit encore effectuer plusieurs autres tentatives d'atterrissage avant son retour sur Terre, attendu en 2020.