Après trois ans et demi de voyage, une sonde japonaise atteint sa destination pour étudier l'origine de la vie

La sonde est tout près d'un astéroïde, sur lequel elle doit lancer un projectile. Elle en analysera ensuite les poussières, pour tenter de récolter des informations sur la naissance du système solaire.

Un modèle réduit de la sonde japonaise Hayabusa2 le 20 juin 2018 à Tokyo (Japon).
Un modèle réduit de la sonde japonaise Hayabusa2 le 20 juin 2018 à Tokyo (Japon). (AKIRA ANZAI / YOMIURI / AFP)

Elle a atteint sa destination après un périple de 3,2 milliards de kilomètres. La sonde japonaise Hayabusa2 est arrivée, mercredi 27 juin, tout près de son astéroïde-cible, Ryugu, où elle doit prélever des informations sur la naissance du système solaire et l'origine de la vie. Elle a été lancée fin 2014 et son retour sur Terre est prévu en 2020.

Hayabusa2 s'est stabilisée à 20 kilomètres de Ryugu, qui se situe actuellement à environ 280 millions de kilomètres de notre planète, a annoncé Jaxa, l'agence spatiale japonaise. La sonde va désormais maintenir cette distance le temps de remplir son objectif scientifique. C'est la deuxième mission de ce type pour le Japon, la première ayant été une épopée pleine de rebondissements.

Objectif : la collecte de poussières

Comment cette sonde va-t-elle procéder pour étudier l'origine de la vie ? Elle doit jeter violemment sur Ryugu un projectile pour provoquer un choc en surface. Ensuite, comme pour la première mission, l'objectif est de collecter des poussières du sous-sol de ce corps céleste rocheux qui contient du carbone et de l'eau, afin de tenter de comprendre quelles matières organiques et aqueuses étaient originellement présentes dans le système solaire.

Hayabusa2 doit aussi larguer sur Ryugu un robot appelé Minerva2 et un analyseur autonome nommé Mascot, conçu par le Centre national d'études spatiales français et son homologue allemand DLR. Mascot, dont la durée de vie n'est que d'une douzaine d'heures, va employer quatre instruments. Parmi eux figure un microscope spectral développé par l'Institut français d'astrophysique spatiale. Il doit permettre de connaître la composition minéralogique du sol de cet astéroïde portant le numéro 162173.

Un astéroïde plus cubique que sphérique

Les premières photos prises à 40 kilomètres de Ryugu par Hayabusa2 ont enthousiasmé le directeur de la mission. "Les cratères sont visibles, les rochers aussi, et la structure géographique semble varier d'un endroit à l'autre", a commenté Yuichi Tsuda, sur le site internet dédié à cette nouvelle aventure spatiale.

Ryugu, qui doit son nom à un château mythique d'un conte populaire japonais, était présenté initialement comme ayant une forme sphérique, mais il s'avère être différent, proche du cube, souligne l'astronome.