Des scientifiques ont observé pour la première fois une galaxie lointaine en train de "mourir"

La galaxie "ID2299" est si lointaine que sa lumière a mis 9 milliards d'années à parvenir jusqu'à la Terre.

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Une photo mise à disposition par l'Observatoire européen austral, le 8 janvier 2021, montre une impression d'artiste de la galaxie ID2299. (M. KORNMESSER / EUROPEAN SOUTHERN OBSERVATORY / AFP)

Des astronomes ont pu observer pour la première fois une galaxie lointaine en train de "mourir" après avoir perdu environ la moitié du gaz lui servant à fabriquer des étoiles, selon une étude parue lundi 11 janvier. Les données recueillies par le télescope Alma de l'Observatoire européen austral (ESO), au Chili, laissent penser que ce phénomène, attribué d'ordinaire à l'effet d'un trou noir, résulte ici de la collision de cette galaxie avec une autre.

"ID2299" est si lointaine que sa lumière a mis 9 milliards d'années pour arriver jusqu'à nous. Cette galaxie de forme elliptique "est en train de vivre un phénomène assez extrême, jamais observé à une telle distance", explique Emanuele Daddi, astrophysicien au Centre de recherche nucléaire de Saclay (qui dépend du CEA), co-auteur de l'étude parue dans Nature Astronomy et menée par Annagrazia Puglizi, de l'Université britannique de Durham.

Une mort en quelques dizaines de millions d'années

ID2299 "est en train d'expulser plus de la moitié de son gaz, son fuel pour la formation des étoiles", à un rythme phénoménal, équivalent à la masse de 10 000 soleils par an, a-t-il expliqué. Et ce tout en continuant à consommer ce même gaz pour produire des étoiles à un rythme très élevé, avec une masse équivalente à environ 550 fois notre soleil. A titre de comparaison, notre galaxie, la Voie lactée, en produit l'équivalent de trois par an.

Dans ces conditions, la galaxie devrait devenir stérile en quelques dizaines de millions d'années, un rien de temps à l'échelle cosmique. L'étude rappelle que jusqu'ici, on a expliqué une telle "fuite" de gaz par l'effet de vents provoqués par la formation d'étoiles ou l'activité d'un trou noir supermassif situé dans le noyau galactique. Mais "on a pu montrer qu'un autre mécanisme est à l'oeuvre, avec une collision de galaxies (...) qui a déjà eu lieu", selon Emanuele Daddi.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.