Des astronomes détectent des signaux liés aux premières étoiles de l'Univers

C'est un petit radiotélescope installé en Australie, dont l'antenne a la largeur d'un réfrigérateur, qui est l'auteur de cette découverte. 

Une illustration de l\'évolution de l\'Univers, présentée dans le magazine \"Nature\", le 28 février 2018. 
Une illustration de l'évolution de l'Univers, présentée dans le magazine "Nature", le 28 février 2018.  (N.R. FULLER / NATURE PUBLISHING GROUP / AFP)

C'est une grande première. Des astronomes ont réussi à détecter des signaux liés à l'apparition des premières étoiles, il y a 13,6 milliards d'années, selon une étude qui a suscité l'effervescence de la communauté scientifique, mercredi 28 février. 

C'est un petit radiotélescope installé en Australie, dont l'antenne a la largeur d'un réfrigérateur, qui est l'auteur de cet exploit inédit. La découverte, annoncée dans la revue Natureest le fruit d'un travail entamé il y douze ans par l'équipe de l'astronome Judd Bowman, de l'Université d'Etat de l'Arizona (ASU). Elle demande encore à être confirmée par d'autres équipes et instruments plus puissants. 

La communauté des astrophysiciens a été surprise par l'intensité des signaux observés. Ils laissent en effet supposer que l'Univers s'est refroidi plus vite qu'on ne le pensait. Cela pourrait conduire à revoir les modèles cosmologiques, et peut-être mieux comprendre la mystérieuse matière noire - invisible pour les télescopes mais qui compose plus du quart de l'Univers.

La découverte "la plus importante" depuis la détection des ondes gravitationnelles

Pour Brian Schmidt, prix Nobel de physique 2011, cette détection "sera une découverte révolutionnaire si elle résiste au temps". "C'est la découverte astronomique la plus importante depuis la détection des ondes gravitationnelles en 2015", avance de son côté Karl Glazebrook, de l'Université de technologie Swinburne (Australie).

"Il faut rester très prudent pour le moment", tempère Benoit Semelin, de l'Observatoire de Paris. "Mais si l'observation est confirmée, c'est une découverte majeure car elle impliquera de changer les modèles sur la naissance de l'Univers", ajoute-t-il.

De nouveaux éléments sur la matière noire

L'étude dévoilée mercredi révèle également que le gaz dans l'Univers, au moment de l'apparition des premières étoiles, était beaucoup plus froid que prévu. Il aurait été de 3 degrés kelvin, soit -270°C.

Selon l'astrophysicien Rennan Barkana de l'université de Tel Aviv (Israël), qui signe une autre étude dans Nature, la matière ordinaire serait entrée en interaction avec la matière noire et lui aurait cédé progressivement de l'énergie.

La matière noire représente 26,8% de l'Univers. Ce dernier est composé également de matière ordinaire (4,9%) et d'énergie sombre (68,3%), selon les données du satellite Planck publiées en 2013.