Des scientifiques en immersion en terre inconnue en Guyane

Une cinquantaine de scientifiques mettent aujourd'hui le cap sur le massif du Mitaraka, au coeur de la forêt guyanaise, à 150 km de la première habitation. Pendant un mois, ils vont y collecter insectes, poissons ou encore serpents. L'objectif est de recenser tout un pan potentiellement inconnu de la biodiversité.

(Le massif du Mitaraka, dans le sud-ouest de la Guyane, © MNHN-PNI / expédition Guyane /O.Pascal)

Le massif du Mitaraka, au coeur de la forêt guyanaise, est une terre vierge de toute population, accessible uniquement par les airs. L'expédition scientifique "La Planète Revisitée", inédite en France, est pilotée par le Muséum national d'Histoire naturelle et l'ONG Pro-Natura International. Elle regroupe des naturalistes et des systématiciens qui parcourent le monde à la découverte de sa faune, de sa flore et de ses micro-organismes.

 

Les monts Tumuc-Humac, "montagnes" fantasmées par les géographes français du XIXe siècle, fascinent les explorateurs depuis longtemps. Pour les équipes de "La Planète Revisitée", ces sommets granitiques émergeant de la forêt possèdent un attrait particulier : son potentiel d’espèces inconnues…

 

L'armée a été envoyée pour ouvrir une aire d'atterrissage et frayer des passages dans la végétation de cette "terra incognita". Un sommaire camp de base avec bâches et hamacs a été monté et près de six tonnes de matériel et de nourriture ont acheminées par les airs.

Un mois en terra incognita. Le reportage de Jérôme Jadot
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 La collecte concentrée sur les insectes 

Tout semble donc près pour un mois de collecte. Les bêtes à poil et à plume n'ont a priori pas de soucis à se faire car ce ne sont pas elles qui intéressent la cinquantaine de scientifiques. Ils vont surtout se concentrer sur les insectes, 100.000 espèces potentiellement présentes en Guyane, et dont on n'en connait que 18.000. L'objectif de cette expédition est donc de recenser dans le détail la biodiversité guyanaise, de mieux connaître cette partie de la forêt afin de mieux la préserver.

 

Les bestioles capturées seront ensuite conservées dans des fioles ou des sachets d'alcool et envoyées à Cayenne pour un premier tri avant d'arriver sur le bureau d'un zoologiste impatient. Mais, entre la collecte et la description finale avec un nom latin, plus de 20 ans peuvent parfois s'écouler.

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