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Pour réduire l'exposition aux ondes, il faudrait... trois fois plus d'antennes-relais

Ce sont les résultats d'une étude qui vise à garantir aux Français une "faible exposition" aux ondes, tout en conservant une couverture mobile "satisfaisante". 

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France Télévisions
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Des antennes relais installées au sommet du château d'eau de Villeneuve-de-la-Raho, près de Perpignan (Pyrénées-Orientales). (RAYMOND ROIG / AFP)

Pour vivre avec moins d'ondes, vivons avec davantage d'antennes. C'est le résultat paradoxal de simulations menées dans cinq villes et publiées lundi 26 août par le gouvernement. Selon ces études, au moins trois fois plus d'antennes-relais, moins puissantes, seraient nécessaires pour garantir aux Français une "faible exposition" aux ondes, tout en conservant une couverture mobile "satisfaisante".

Issu en 2009 du Grenelle des ondes, le Copil, un comité réunissant l'Etat, les opérateurs de téléphonie, les élus locaux et les associations, était chargé d'"étudier la faisabilité d'une réduction de l'exposition du public aux ondes" sous le seuil de 0,6 V/m (volt par mètre), défendu par des associations comme un "seuil de protection" sanitaire.

Ce comité a également chapeauté des travaux visant à simuler un tel abaissement dans plusieurs villes, puis à calculer le nombre d'antennes qu'il faudrait rajouter pour préserver la qualité de couverture. Selon un état des lieux mené en 2010 et 2011 dans seize zones pilotes, "90% des niveaux d'exposition modélisés sont inférieurs à 0,7 V/m et 99% à 2,7 V/m alors que les valeurs limites réglementaires sont comprises entre 40 V/m et 61 V/m pour les fréquences utilisées par la téléphonie mobile", indique le rapport de synthèse remis lundi aux ministres de l'Ecologie et de l'Economie numérique.

Des ondes potentiellement cancérigènes, selon l'OMS 

D'après des simulations numériques, l'abaissement de l'exposition à 0,6 V/m "s'accompagnerait d'une forte détérioration de la couverture réseau, en particulier à l'intérieur des bâtiments" : cette détérioration atteindrait 82% en intérieur dans le 14e arrondissement de Paris ou 30 à 40% à Plaine-Commune (Seine-Saint-Denis), par exemple.

Si un tel abaissement était mis en œuvre, il faudrait, au vu des simulations finalisées dans cinq villes – Paris 14e, Grand-Champ (Morbihan), Grenoble (Isère), Lavelanet (Ariège) et Thiers (Puy-de-Dôme) – multiplier le nombre d'antennes "par un facteur au minimum égal à trois", selon ce rapport.

Selon l'Agence nationale des fréquences (ANFR), la France compte environ 50 000 antennes-relais de téléphone mobile. Début 2013, l'association Robin des Toits, présente depuis l'origine des travaux en 2009, avait toutefois pris ses distances avec le processus, en dénonçant des modifications de méthodologie et en estimant que l'objectif du comité était "de disqualifier le seuil d'expérimentation de 0,6 volt/mètre" . L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé, en 2011, les ondes comme potentiellement cancérigènes, mais les opérateurs s'appuient sur le dernier avis de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), datant de 2009, pour écarter tout danger. L'Anses doit prochainement actualiser cet avis.

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