Transport sanitaire partagé : il y aura "nécessairement" une dégradation du service pour les malades, alerte le représentant des usagers de l’AP-HP

Les patients pourront faire jusqu'à 30km de détour en ambulance ou taxi sanitaire.
Article rédigé par franceinfo
Radio France
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Les patients pourront désormais être contraints de faire jusqu'à 30 km de détour à cause du partage des transports sanitaires. (OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP)

Le projet de décret consulté par franceinfo vendredi 3 mai imposant de partager avec d'autres malades son ambulance ou taxi sanitaire, avec un possible détour pouvant aller jusqu'à 30 kilomètres, conduit "nécessairement" à une dégradation du service pour les malades, alerte sur franceinfo Alain Olympie, représentant des usagers de l’AP-HP à l’hôpital Saint-Antoine, à Paris.

"Maintenant, la règle va être le transport collectif et non pas le transport individuel", résume-t-il. Après un vote au Parlement à l'automne dernier, le décret sera publié dans les prochains jours, selon les informations de franceinfo. Les patients pourront désormais être obligés de faire jusqu'à 30 kilomètres de détour dans leur ambulance ou leur taxi à destination ou au départ de l’hôpital en raison du futur partage des transports sanitaires, selon le projet de décret consulté par franceinfo.

"Des temps énormes de transport"

"Avec ce décret, on reprend une carte routière, un compas et une boussole, à l'heure du GPS", regrette Alain Olympie. "À Paris, dix kilomètres, 20 kilomètres, 30 kilomètres en période de pointe de bouchons, ce sont des temps énormes de transport", explique le représentant des usagers au sein de l'AP-HP, pointant des "imprécisions" dans le projet de décret, notamment celle d'un "délai d'attente raisonnable". "Mais c'est quoi raisonnable ?", s'interroge-t-il. "Je sais bien que quand on est malade, on a tout son temps, mais imaginez la fatigue, le bruit", se désole-t-il.

"Si on raisonne plutôt en temps qu'en kilomètres, on va amoindrir les disparités locales, qui peuvent être celles des grandes villes en heure de pointe", plaide-t-il. Par ailleurs, le projet de décret ne prévoit pas le port du masque obligatoire dans l'ambulance ou dans le taxi, ce qui implique des "risques sanitaires", selon Alain Olympie qui songe "aux personnes immunodéprimées" sortant de "chimiothérapie ou de dialyse".

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