Qu'est-ce que Sauv Life, l'application qui souhaite "doubler les taux de survie" ?

Le docteur Lionel Lamhaut, médecin urgentiste à Paris et créateur de l’application Sauv Life, a expliqué, mardi sur franceinfo, que l'application permettant une intervention rapide de citoyens sauveteurs avant l'arrivée des secours doit être accompagnée d'une politique "agressive" de formation.

Capture d\'écran de la présentation de l\'application Sauv Life sur l\'Apple Store. (Photo d\'illustration)
Capture d'écran de la présentation de l'application Sauv Life sur l'Apple Store. (Photo d'illustration) (CAPTURE ECRAN / FRANCEINFO)

L'application Sauv Life est lancée, mardi 13 mars, dans toute la France après avoir été testée depuis le 23 février par le Samu de Lille dans le Nord. Il s'agit d'une application géolocalisée pour permettre une intervention rapide de citoyens sauveteurs en attendant l'arrivée des secours.

Le docteur Lionel Lamhaut, médecin urgentiste à Paris et créateur de l’application, a rappelé, mardi sur franceinfo, que la survie après un arrêt cardiaque se joue "à la minute". Le taux de survie en France n'est que de 5%. Sauv Life pourrait permettre de le "doubler" si son utilisation est accompagnée d'une politique "agressive" de formation à l'instar de certains pays étrangers.

franceinfo : Comment fonctionne cette application ?

Lionel Lamhaut : Cette application fonctionne sur le principe de la géolocalisation de citoyens qui sont volontaires pour aider les Samu. En pratique, vous allez installer votre application, accepter d'être géolocalisé (…) et en cas d'alerte au Samu, c'est-à-dire quelqu'un appelle pour un arrêt cardiaque, comme d'habitude les secours vont être déclenchés et, en parallèle, l'application va aussi être déclenchée. Les gens qui vont à être à 10 minutes à pied autour de cet arrêt cardiaque vont recevoir une notification et un sms pour demander s'ils sont disponibles pour aider. À ce moment-là, ils recevront par leur GPS la localisation où se passe l'évènement. Ils seront guidés pour aller sur place. Certains iront même chercher un défibrillateur qui est recensé dans l'application pour délivrer les premiers gestes de secours indispensables avant l'arrivée du Samu. Ils seront guidés à tout moment de cette opération.

La survie après un arrêt cardiaque se joue en combien de temps ?

C'est à la minute. C'est ça le drame. Une minute sans massage cardiaque, c'est 10% de survie en moins. Ça va très vite. Quand vous savez que les secours mettent en France en moyenne 13 minutes pour arriver, on comprend que le taux de survie en France aujourd'hui n'est que de 5% environ et cela concerne 50 000 personnes par an. C'est une des premières causes de mortalité en France. Il faut que les citoyens s'entraident le temps que les secours organisés arrivent. Chaque minute gagnée, c'est de la survie en plus.

Quels sont vos objectifs ?

Quand on voit des collègues à l'international qui ont pu mettre en place ce type d'applications, dans certains pays, avec une politique très agressive sur la formation pour tout le monde qui est une clé de la prise en charge de l'arrêt cardiaque, on arrive à doubler les taux de survie.