Peu d'échanges avec les patients, risque d'erreurs... Une large majorité de soignants estime ne pas avoir assez de temps pour faire leur travail

Les personnels hospitaliers pointent du doigt la dégradation de leurs conditions de travail et la responsabilité de leur hiérarchie, selon un sondage Odoxa pour franceinfo.

Manifestation des personnels hospitaliers, le 15 mai 2018 à Paris, pour dénoncer le manque d\'effectifs et la dégradation de leurs conditions de travail. 
Manifestation des personnels hospitaliers, le 15 mai 2018 à Paris, pour dénoncer le manque d'effectifs et la dégradation de leurs conditions de travail.  (ALAIN JOCARD / AFP)

C'est un constat qui confirme la crise de l'hôpital : 62% des personnels soignants affirment qu'ils n'ont pas assez de temps pour faire leur travail et ne passent pas le temps qu'ils voudraient avec leurs patients, selon un sondage Odoxa* pour franceinfo, Le Figaro et la Mutuelle nationale des hospitaliers, publié lundi 18 juin.

Les personnels hospitaliers expliquent qu'ils sont débordés et que leur semaine de travail atteint les 39 heures, et même jusqu'à 47 heures pour les médecins hospitaliers. Une charge de travail qui ne cesse de s'alourdir, selon 9 personnes sur 10 interrogées dans ce sondage. Pire, ils pensent que leur direction a pleinement conscience du problème mais ne s'en préoccupe pas. La solution passerait notamment par l'embauche de davantage de personnel.

Moins disponible pour les patients

En raison de ce manque de temps, plus de la moitié des soignants craint de mal soigner leurs patients et de faire des erreurs. Ils regrettent également de ne pas avoir suffisamment de disponibilité pour accompagner les personnes malades : 70% des personnels hospitaliers et un médecin sur deux assurent qu'ils n'ont "jamais", "rarement" ou que "parfois" du temps pour parler à leurs patients. 

Cette accumulation de facteurs négatifs pointés du doigt par les personnels soignants aboutit à un taux de satisfaction au travail plus bas que la moyenne : 56% contre 79% pour l'ensemble des Français.

* Cette enquête a été réalisée auprès d'un échantillon de 1 458 adhérents de la Mutuelle nationale des hospitaliers parmi lesquels 1 223 personnels hospitaliers soignants (infirmiers/infirmières et aides-soignants/soignantes) et d'un échantillon de 176 médecins hospitaliers, interrogés par internet du 23 avril au 15 mai 2018.