Journée mondiale du don d'organe : tous donneurs... sous certaines conditions

La journée mondiale du don d'organe et de la greffe se déroule ce mercredi 22 juin. Mais connaissez-vous les conditions pour devenir donneur ?

Un coordinateur du don d\'organes prépare son matériel au CHRU de Lille, le 6 avril 2015.
Un coordinateur du don d'organes prépare son matériel au CHRU de Lille, le 6 avril 2015. (MAXPPP)

En 2015, en France, plus de 32 000 personnes ont fait des dons d'organes et de tissus de leur vivant. Mais il reste encore 21 378 malades en attente d'une greffe dans notre pays. Alors à l'occasion de la 16e journée mondiale du don d'organe et de la greffe, mercredi 22 juin, l'Agence de la biomédecine lance une campagne de sensibilisation et d'information sur les conditions du don, intitulée "Don d'organes, tous concernés". Car selon la loi, tout un chacun peut voir ses organes et ses tissus prélevés après son décès. Mais la réalité n'est pas aussi simple. Pour devenir donneur de son vivant ou non, il faut remplir certaines conditions. 

Nous sommes tous de potentiels donneurs, mais ce n'est pas automatique

La campagne de l'Agence de la biomédecine met en avant le principe selon lequel nous sommes tous de potentiels donneurs post-mortem au nom du "principe de solidarité."

Mais le prélèvement d'organes n'est pas automatique pour autant. Lors d'un décès, le personnel médical doit s'assurer que la personne concernée n'est pas inscrite sur registre national des refus. Cette inscription est le seul moyen pour les personnes ne souhaitant pas donner leurs organes de s'assurer que leur volonté soit respectée.

Dans un second temps, si la personne décédée ne figure pas dans ce registre, le personnel hospitalier se tourne vers la famille pour avoir son autorisation. Si la famille refuse le don, la procédure s'arrête là, même si la volonté de la personne décédée était, de son vivant, de devenir donneur. Dans tous les cas, la famille a le dernier mot.

Pour donner, il faut en parler à ses proches ou porter une carte de donneur

Donc la première chose à faire pour s'assurer de pouvoir donner ses organes en cas de décès, c'est d'en parler à ses proches. Car ce sont eux qui pourront donner le feu vert aux médecins. Ils devront attester qu'il n'existe pas de trace écrite mentionnant un refus de donner ses organes, mais aussi que la personne décédée a clairement exprimé sa volonté de devenir donneur en cas de décès.

Et l'une des manières de faire connaître son choix, c'est de demander gratuitement une carte de donneur auprès de la fédération des associations pour le don d'organes et de tissus humains (France Adot) ou de l'agence pour la biomédecine. Il ne s'agit pas d'une carte officielle et cela ne permet pas d'être inscrit dans un fichier de donneurs post-mortem, puisqu'il n'en existe aucun. Mais cette carte facilite la prise de décision de la famille, qui connaît alors clairement le choix de son proche. Cette carte doit être portée avec les papiers d'identité.

On peut donner aussi de son vivant

Il est possible de faire un don de votre vivant. La première condition est d'être compatible avec le receveur, ce qui n'est jamais acquis même s'il s'agit d'un membre de votre famille. Par exemple pour le don de cellules-souches hématopoïétiques, que l'on trouve notamment dans la moelle osseuse, il n'y a qu'une chance sur quatre pour que vous soyez compatible avec un frère ou une soeur. 

Vous pouvez aussi faire un don de tissus, mais ils ne peuvent être réalisés qu'au cours d'une opération chirurgicale ou après un accouchement. Par exemple les membranes amniotiques prélevées sur le placenta peuvent servir pour sauver des yeux agressés par des virus. Pour ces deux types de dons, pas besoin de connaître votre receveur. Il suffit de vous inscrire sur un registre et d'être compatible avec l'inconnu qui sera greffé, rappelle Europe 1

S'il s'agit d'un proche qui est en attente d'une greffe, vous pouvez lui donner des organes comme un rein, un lobe hépatique (une partie du foie) ou un lobe pulmonaire (une partie du poumon). Mais là, vous devez absolument avoir un lien étroit avec votre receveur, l'article L1231-1 du Code de santé publique l'exige, en plus du fait d'être compatible. Vous devez faire partie de la famille proche du receveur (du père au cousin germain en passant par les grands-parents), être son conjoint, celui de son père ou de sa mère ou avoir un "lien affectif étroit et stable depuis au moins deux ans avec le receveur". Aujourd'hui, plus de 57 000 personnes vivent avec une greffe d'organe en France.