Coeur artificiel : les premières conclusions officielles

Jusqu'alors, aucune publication scientifique officielle n'avait été faite concernant le cœur artificiel Carmat®. Près de deux ans après la première implantation, l'équipe médicale française à l'origine de la bio-prothèse présente ses résultats dans la revue scientifique The Lancet.

L'équipe incite "à l'optimisme"… Dans le journal médical The Lancet, le Pr Alain Carpentier, à l'origine du projet Carmat®, ainsi que les chirurgiens cardiaques Daniel Duveau, Christian Latrémouille et Jean-Noël Fabiani, qui ont réalisé les premières interventions, détaillent leurs "expériences initiales". Sur trois personnes implantées depuis 2013, deux sont décédées.

Le cœur Carmat® est tapissé d'un revêtement constitué de bio-matériaux tirés de tissus animaux (bovins) pour éviter la formation de caillots sanguins. Les auteurs de l'étude relèvent que les deux patients décédés n'ont montré aucune complication imputable à la formation de caillots, alors même que l'un d'entre eux est resté sans traitement anticoagulant pendant une durée de 50 jours. Ils ajoutent que les deux décès ont été provoqués par la défaillance de composants électroniques dont la source "a été identifiée et corrigée" depuis.

Trois patients greffés, dont deux décédés

Le premier cœur Carmat® avait été greffé le 18 décembre 2013 à l'hôpital Georges-Pompidou à Paris chez Claude Dany, un patient de 76 ans en insuffisance cardiaque terminale, qui est décédé 74 jours après l'intervention. "Subitement" précisent les auteurs.

Le second, un patient de 69 ans, greffé à l’hôpital de Nantes le 5 août 2014, a vécu 270 jours durant lesquels il a pu quitter l'hôpital grâce à l'utilisation d'un appareil portatif. Mais quatre mois après son retour à domicile, il avait dû être ré-hospitalisé à la suite d'une baisse du débit cardiaque. Il n'avait pas survécu à la tentative de changement de son cœur artificiel.

Très peu de détails ont circulé jusqu'à présent sur les causes précises des décès des deux hommes. Les auteurs de l'étude insistent sur le fait que le problème viendrait uniquement des composants électroniques. Depuis, un troisième patient a été implanté le 8 avril 2015. La première phase de l'essai clinique en cours prévoit d'équiper un total de quatre malades.

Source : First clinical use of a bioprosthetic total artificial heart: report of two cases. A. Carpentier et al. The Lancet, 28 juillet 2015. DOI: http://dx.doi.org/10.1016/S0140-6736(15)60511-6

Avec AFP