"Je me sens revivre", confie le deuxième patient au cœur artificiel

L'homme, qui souhaite rester anonyme, a repris ses habitudes et fait à nouveau du vélo.

La coque du cœur artificiel Carmat, dans la main d\'un salarié de l\'entreprise Dedienne santé qui assure l\'usinage près de Montpellier (Hérault), le 21 janvier 2015. 
La coque du cœur artificiel Carmat, dans la main d'un salarié de l'entreprise Dedienne santé qui assure l'usinage près de Montpellier (Hérault), le 21 janvier 2015.  ( MAXPPP)

"Ce cœur, c'est moi. Il est devenu moi." Le deuxième patient à avoir reçu un cœur artificiel Carmat a confié au JDD dimanche 5 avril qu'il s'était "senti revivre" dès le jour de l'opération. Il a repris ses habitudes "d'autrefois" : 

Je fais un tour de vélo de temps en temps, j'évite les côtes mais j'ai fait quelques kilomètres.Le deuxième patient au cœur artificielJournal du dimanche

Cet homme de 69 ans préfère rester anonyme car il "ne [veut] pas être une bête curieuse". Opéré le 5 août 2014 à Nantes, il est rentré chez lui le 2 janvier 2015. Une première prothèse avait été implantée le 18 décembre 2013 à Paris sur un malade de 76 ans mais ce dernier avait succombé 74 jours plus tard à la suite de l'arrêt inopiné de la machine. Le deuxième patient, lui, se porte bien.

"Le jour où j'ai été opéré je me suis senti revivre"

"Je marche, je me lève et je me penche dix à quinze fois chaque jour, sans problème. Je garde mon équilibre. Je ne suis pas dérangé. Je n'y pense même pas", raconte cet ancien commercial père de deux enfants et quatre fois grand-père. "En fait, pratiquement dès le jour où j'ai été opéré je me suis senti revivre. C'était assez formidable car j'ai senti tout de suite une clarté de réflexion plus nette. Tout reprenait vie", poursuit-il dans le long entretien accordé au Journal du dimanche.

Le nouveau cœur, qui fonctionne avec des batteries d'approvisionnement, "on arrive à l'oublier facilement". Toutefois, il précise :

Il ne faut pas oublier de charger les batteries.Le deuxième patient avec un cœur artificielJournal du dimanche

"Pour cela je tiens un tableau dans lequel je note les heures et les changements, pour vérifier qu'elles tiennent comme il faut. Ce n'est pas compliqué" indique-t-il.

Un suivi médical hebdomadaire

L'homme reste l'objet d'un suivi médical régulier avec un rendez-vous une fois par semaine à l'hôpital. C'est le professeur Daniel Duveau, le chirurgien qui a réalisé l'opération au CHU de Nantes, qui le suit. Le professeur Alain Carpentier est le concepteur de ce cœur.

Le cœur Carmat est actuellement dans la première phase d'essais cliniques prévues avant une homologation et commercialisation de l'appareil dans l'Union européenne. Les personnes implantées sont tous des malades du cœur en phase terminale de leur maladie.