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"La promesse n’est pas pour demain" : Alain, séropositif, entre espoir et prudence après l'annonce d'une avancée sur le sida

Alain Bonnineau, président de l'association Aides en Ile-de-France, suit avec attention la découverte scientifique annoncée jeudi par l'Institut Pasteur, tout en rappelant que "le sida, ça n’est pas terminé". 

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Alain Bonnineau, le 20 décembre.  (SANDRINE ETOA-ANDEGUE / RADIO FRANCE)

"Il faut maintenir la garde sur la prévention, la prise de traitement et le suivi", a réagi Alain Bonnineau, séropositif, à l'annonce jeudi 20 décembre, d'une avancée scientifique de nature à donner aux malades du sida l'espoir de guérir. Il reconnaît que les travaux en cours à l'Institut Pasteur sont "prometteurs", mais appelle à la prudence.

Des traitements à vie

La lutte contre le sida s'inscrit sur tous les murs de l'appartement d'Alain Bonnineau, 58 ans, président de l'association Aides en Ile-de-France. Partout des affiches, des livres, des photos. "C’est un élément qui me constitue complètement", indique-t-il. Contaminé par le VIH en 1987, à 26 ans, il explique avoir connu les premiers soins, avec "des traitements très difficiles où nous-mêmes étions les cobayes". "Ensuite, la trithérapie dans les années 1990 a été un salut pour beaucoup, beaucoup de personnes, se remémore-t-il. Dans ma vie, ce qui a changé, c’est que j’ai pu voir, un peu, des choses se construire. Travailler, imaginer une vie, me marier. Des choses qui étaient à mon sens impensables."

J’arrivais à être un peu comme tout le monde, à vieillir, à envisager une retraite et puis une vie peut-être de pépère.

Alain Bonnineau

à franceinfo

Aujourd’hui, il suit "un traitement beaucoup plus simple à prendre, une fois le matin, un traitement qui permet que le virus ne circule plus".

Prudence pour la "nouvelle étape" 

Alain Bonnineau a lu en détail les articles sur les derniers travaux des chercheurs de l'Institut Pasteur, qui ont annoncé avoir réussi à détruire des cellules infectées par le VIH. "C’est une nouvelle étape, extrêmement prometteuse. Mais la promesse n’est pas pour demain", souligne-t-il, prudent. Toutefois, il veut croire qu'"un jour, on arrêtera prendre des traitements et on retirera le virus". 

D'ici-là, il faut mesurer ses propos, ne pas donner de faux espoirs surtout aux personnes séropositives, martèle-t-il, face aux recherches scientifiques en cours. "Cette information, si elle est complètement isolée, perd complètement son sens. Elle pourrait par un effet boomerang, de façon catastrophique, en faisant croire que le sida, c’est terminé. Et ça n’est pas le cas", poursuit-il.   

L'an dernier, en France, 6 000 personnes ont découvert qu'elles étaient séropositives.

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