La médicalisation de l'excision complique son éradication

L'Institut national d'études démographiques (Ined) s'inquiète de l'augmentation de mutilations génitales féminines pratiquées en milieu médical dans certains pays, y voyant un "dévoiement" des campagnes de sensibilisation qui compromet l'éradication de l'excision.

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Longtemps décrite comme un rite de passage à l'âge adulte, l'excision tend à être pratiquée de plus en plus tôt : avant 10 ans pour la majorité des femmes dans la plupart des pays, et avant 5 ans pour les plus jeunes générations.

Depuis plusieurs années, à cette tendance au rajeunissement de la pratique s'ajoute le développement "inquiétant" de sa médicalisation dans plusieurs pays (Egypte, Guinée, Indonésie, Kenya, Nigeria, Soudan du sud, Yemen), souligne l'Ined.

Si dans la majorité des cas, les mutilations continuent à être faites par des exciseuses "traditionnelles", de plus en plus de filles sont excisées par des professionnels de santé en milieu médical, sous prétexte de "réduire les risques sanitaires" de l'opération.

A l'initiative du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), les organisations internationales ont condamné ce "dévoiement des premières campagnes de sensibilisation, qui compromet l'éradication de l'excision", souligne l'Ined.

Elle rappelle par ailleurs que d'autres pays pratiquent des chirurgies de "réassignation" sur des nouveaux-nés intersexués, et qu'on observe aux Etats-Unis, en Amérique latine, en Asie et en Europe, un développement très récent de pratiques de chirurgie esthétique génitale, telles que la nymphoplastie (ablation totale ou partielle des petites lèvres).

avec AFP