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"Protéger et quantifier le potentiel des sportifs" : plongée au cœur du pôle médical de l'Insep, la fabrique des champions français

Le pôle médical de l'Institut national du sport à Paris est une véritable clinique au service de la performance pour façonner les champions de demain. Franceinfo a pu se glisser dans ce lieu gardé secret.

Article rédigé par franceinfo, Jérôme Val
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
La "chambre à froid" de l'INSEP permet de descendre jusqu'à -110 degrés. (INSEP)

C'est la première fois qu'un micro peut entrer dans ce lieu, là où la médecine de plus en plus pointue vient en aide aux sportifs de haut niveau. Le pôle médical de l'Institut national du sport, de l'expertise et de la performance (Insep), installé dans le bois de Vincennes à Paris, est un des outils les plus modernes au monde dans ce secteur. 

Des électrodes sur le torse et un masque sur la bouche pour mesurer son souffle, Damien, un athlète, court jusqu'à l'épuisement sur un tapis roulant. Il effectue un test d'effort. Sur ses écrans, le docteur Ivan Zagori décortique en temps réel les performances du sportif : le rythme cardiaque, la tension mais aussi la quantité d'oxygène absorbée et la quantité de CO2 rejetée. "Cela permet d'un côté de protéger le sportif, de savoir que même à fond il ne va pas mourir sur le terrain, mais aussi de quantifier son potentiel, de voir où il en est de son entraînement, et de lui donner des conseils pour s'améliorer", détaille le médecin. Après le coup de chaud, le coup de froid avec la salle de cryothérapie et le corps plongé dans une chambre à -110 degrés, sans oublier l'hydrothérapie ou tout l'accompagnement dans la rééducation.

Chaque sportif est suivi de très près pour lui permettre d'améliorer ses résultats. (INSEP)

Mais l'excellence a un coût. L'Insep a déboursé par exemple presque deux millions d'euros pour un équipement d'imagerie par résonance magnétique (IRM) dernier cri. Mais dans le contexte lourd où le monde sportif doit faire des économies, le budget de l'Insep, moins de 31 millions d'euros, est-il à la hauteur ? Son directeur général, l'ancien lutteur Ghani Yalouz, recherche d'autres solutions en sollicitant des partenaires privés ou des mécènes. "Il y a l'aspect financier, mais on doit aussi se battre pou aller chercher de l'argent parce qu'il y a des gens qui ont envie de nous accompagner. Des personnes qui ont une histoire avec le sport, qui font un lien entre le sport et le monde de l'entreprise", explique-t-il.

Dans l'optique des Jeux de 2020 et surtout ceux de 2024 à Paris, les médecins de l'Insep assurent qu'un suivi médical strict avec des moyens aura des résultats, en partant d'un constat simple : "Nos athlètes médaillés olympiques sont ceux qui ont été le moins blessés durant l'année qui a précédé", constate Sébastien Le Garrec, le responsable de ce pôle médical. L'Insep en tout cas reste un modèle : 21 pays se sont inspirés de ses méthodes partout dans le monde.

Le reportage de Jérôme Val.

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