Un collectif d'infirmiers libéraux appelle à des opérations escargot

Les infirmiers libéraux réclament une revalorisation de leurs actes, et disent vouloir s'inspirer du mouvement des agriculteurs
Article rédigé par France Info
Radio France
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Les infirmiers libéraux manifestaient déjà pour leurs droits en mai 2023 (XOSE BOUZAS / HANS LUCAS)

"58 % des cabinets vont fermer d'ici cinq ans", a alerté ce lundi sur franceinfo Gaëlle Cannat, présidente du Collectif des infirmiers libéraux en colère qui appelle à des opérations escargot autour de plusieurs grandes villes de France, notamment Marseille, Gap, Bayonne, Bordeaux et Dijon.
 
Les infirmiers libéraux réclament une revalorisation de leurs actes. "Ça n'a pas été revalorisé depuis quinze ans. Avec l'inflation qu'on a eue depuis quinze ans, je vous laisse imaginer dans quel état on en est financièrement", a-t-elle expliqué. Pour gagner un revenu décent, les infirmiers sont parfois obligés de réaliser des journées à rallonge : "On a un taux horaire qui est très bas puisque nous on effectue 50 heures par semaine", a-t-elle poursuivi.
 
La mobilisation des agriculteurs a donné des idées au collectif des infirmiers libéraux en colère : "On a essayé, pendant toute l'année dernière, de rencontrer tous les élus pour sensibiliser sur les difficultés de notre profession. En fait, on n’a abouti à rien. Quand on a vu que les agriculteurs allaient dans la rue, on s'est dit nous aussi on va se montrer. On va montrer que notre profession est en souffrance", a raconté Gaëlle Cannat. Elle a le sentiment d’appartenir à "une profession qu'on n’entend jamais".
 
Durant la crise du Covid, les infirmiers ont été en première ligne. Depuis, Gaëlle Cannat n’a pas vu la moindre reconnaissance de la part du gouvernement: "On était souvent les seuls à être auprès des gens. On a espéré que notre profession allait être revalorisée. Ça n'a pas été le cas. On n'a pas eu le Ségur de la santé, on n’a rien eu du tout. Les cabinets sont en train de fermer les uns après les autres". Elle craint que "des déserts infirmiers" apparaissent dans les prochaines années. "Ça va être un vrai souci pour la population", dit-elle.
 
Le Collectif des infirmiers libéraux en colère souhaite être reçu par le nouveau ministre de la Santé Frédéric Valletoux : "On a envie de lui demander si notre mort est programmée parce qu'on ne nous augmente pas, on nous enleve des soins, on fait fermer les cabinets et on ferme les yeux là-dessus. C’est le sentiment qu'on a...", affirme-t-elle
 
La Collectif des infirmiers libéraux en colère appelle tous les infirmiers libéraux de France à une manifestation samedi prochain.
 

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