"Je suis maltraitante" : la colère des sages-femmes face à leurs conditions de travail

Publié Mis à jour
Durée de la vidéo : 3 min.
Enquête : la colère des sages-femmes
FRANCE 2
Article rédigé par
C.SInz, J-P.Magnaudet, S.Giaume, M.Peret - France 2
France Télévisions

55% des sages-femmes déclarent vouloir changer de métier. Elles seront dans la rue cette semaine pour tenter de faire entendre leur colère, rapporte France 2, dimanche 21 février. 

Les sages-femmes estiment manquer de moyens et de reconnaissance salariale. Anna Roy a quitté la maternité dans laquelle elle a travaillé pendant 9 ans. Elle explique ne plus pouvoir faire son métier correctement, par manque de moyens. “On est maltraitants. Quand moi je laisse traîner des femmes, que je ne peux même pas leur apporter un verre d’eau, dans des serviettes hygiéniques dégueulasses, ça va très vite la maltraitance”, lançait-elle dans une interview donnée au média Brut. La solitude, le manque de soutien, c’est ce qu’a ressenti une jeune femme qui a accouché en septembre dernier de son premier enfant. Elle dit avoir vécu un accouchement traumatique. “On a fait comme si je n’étais pas là, la sage-femme n’a pas expliqué ce qu’elle faisait”, raconte-t-elle.

Une pétition de 700 000 signatures

Dans une maternité parisienne, une patiente s’apprête à accoucher sans péridurale. Alors Valentine Dulong, sage-femme, doit être disponible pour elle au maximum. Cette fois, elle a du temps, mais ce n’est pas toujours le cas. Dans cet établissement, 300 accouchements ont lieu chaque mois, et seulement quatre sages-femmes y travaillent : insuffisant pour faire face aux urgences le week-end. 700 000 signataires d’une pétition réclament une sage-femme par femme qui accouche. Aujourd’hui, 55% de ces professionnelles déclarent vouloir changer de métier.

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