L'Agence du médicament se réunit après une alerte sur un produit de dialyse

Selon une étude, la dialyse au citrate provoquerait une surmortalité de 40% des patients.

Des produits de dialyse (photo d\'illustration).
Des produits de dialyse (photo d'illustration). (PASCAL BONNIERE / MAXPPP)

L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) tient une réunion mercredi 5 décembre à 11 heures pour décider s'il faut suspendre la dialyse au citrate par principe de précaution, selon les informations de franceinfo.

Cette réunion, qui se tient avec des néphrologues et des associations de patients, a lieu après la publication d'une étude médicale en octobre 2018 mettant en évidence une surmortalité de 40% pour les patients traités par dialyse au citrate par rapport à ceux qui ont subi des dialyses à l'acide acétique ou à l'acide chlorhydrique. Cette étude a été réalisée sur un échantillon de 25 000 malades sur 50 000 traités par ce protocole pour insuffisance rénale. Ce traitement au citrate concerne un patient dialysé sur cinq.

"Alerte préliminaire"

"Pour l'instant, c'est encore une alerte préliminaire", affirme sur franceinfo le professeur Gabriel Choukroun du CHU d'Amiens, président de la Société francophone de néphrologie, dialyse et transplantation (SFNDT). "Je ne pense pas que ce soit suffisant pour complètement arrêter ce type de dialysat."

Cette étude a été présentée le 3 octobre par le docteur Lucille Mercadal, de l'hôpital parisien de la Pitié Salpêtrière, lors du congrès de la SFNDT. Par principe de précaution, l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière a cessé ce type de dialyse depuis début novembre.

Contacté par franceinfo, l'Américain Baxter; l'un des laboratoires producteurs, assure "ne pas avoir observé de tendance anormale" et "se tenir à la disposition des autorités sanitaires".