Préservatif : la campagne du gouvernement "culpabilise les jeunes"

Des visuels du gouvernement censés promouvoir l'utlisation du préservatif sont très critiqués, par des associations et des professionnels de santé. Ils "culpabilisent les jeunes", affirme sur franceinfo jeudi Rozenn Le Carboulec, rédactrice en chef de têtu.com.

Le préservatif fait l\'objet d\'une campagne de communication du gouvernement, critiquée par des associations.
Le préservatif fait l'objet d'une campagne de communication du gouvernement, critiquée par des associations. (ABO)

La campagne pour le port du préservatif lancée par le gouvernement peut "dissuader les jeunes de parler à des professionnels après un rapport à risque", dénonce sur franceinfo jeudi 9 août, Rozenn Le Carboulec, rédactrice en chef de têtu.com. De nombreuses associations de lutte contre le sida et des professionnels de santé critiquent fermement ces sept visuels. On peut lire sur l'un d'entre eux par exemple qu'utiliser un préservatif éviterait "d'annoncer à l'infirmière ou au médecin que tu as eu un rapport non protégé"

franceinfo : Que reprochez-vous à cette campagne en faveur du port du préservatif mise en place par le gouvernement ?

Rozenn Le CarboulecCette campagne a été reprise et très critiquée sur les réseaux sociaux, car elle culpabilise les jeunes. On peut aussi regretter que cette campagne ne parle que du préservatif et sous-entend que c'est le seul moyen de se protéger. Alors qu'aujourd'hui, il existe la PrEp (Prohylaxie préexposition), autorisée depuis 2016, qui est une alternative au préservatif et qui est très efficace contre le VIH. On n'en parle pas assez. Les pouvoirs publics ne s'en emparent pas aujourd'hui.

Ni les professionnels ni les associations n'ont été consultés ?

C'est une campagne qui a été lancée par Santé publique France, une agence sanitaire placée sous la tutelle du ministère de la Santé. On peut se demander si des professionnels de santé ont été interrogés, parce qu'il y a des visuels qui tentent de culpabiliser les jeunes et les dissuader de parler à des professionnels de santé après un rapport à risque. C'est totalement irresponsable.

Qu'est-ce qu'il y a d'autres comme ratés dans cette campagne, selon vous ?

Dans cette campagne, on n'évoque pas du tout, au-delà de la prévention, la situation des personnes LGBT qui sont particulièrement touchées par le VIH. Il y a par ailleurs des vidéos sur le site internet qui montrent pourquoi il faut avoir toujours sur soi un préservatif. Or, dans ces vidéos, il n'y aucun message de prévention. Elles montrent comment utiliser un préservatif pour faire une gourde, faire un feu ou protéger son téléphone. On est bien loin des enjeux de prévention. Je ne vois pas trop où est l'humour là-dedans, où est le second degré.