Une campagne ministérielle sur le port du préservatif critiquée pour son ton moralisateur

Utiliser un préservatif "évitera d'annoncer à l'infirmière ou au médecin que tu as eu un rapport non protégé", explique un des messages de cette campagne de sensibilisation. Ce qui a suscité de vives critiques sur Twitter.

Un des messages de la campagne de sensibilisation pour le port du préservatif.
Un des messages de la campagne de sensibilisation pour le port du préservatif. (GETTY IMAGES / FRANCEINFO)

Un visuel "hideux" et "stupide", critiquent ses détracteurs. Pour inciter au port du préservatif, le site On SexPrime, conçu sous l'égide de l'agence ministérielle Santé publique France, liste sept bonnes raisons de "garder un préservatif sur soi". Mais parmi ces raisons déclinées sur le mode humoristique, l'une d'entre elles, relayée mardi 7 août par le compte officiel du ministère de la Santé, suscite indignation et colère chez plusieurs internautes.

Le visuel explique notamment qu'avoir un préservatif sur soi "évitera d'annoncer à l'infirmière/le médecin que tu as eu un rapport non protégé". Sous le tweet du ministère de la Santé, de nombreux internautes accusent cette campagne de culpabiliser les personnes qui auraient eu un rapport sexuel non protégé. "Si on vous suit, il est honteux pour une personne de se rendre aux urgences afin de demander un TPE (Prophylaxie d'urgence), ou un simple dépistage", critique un internaute.

"Les professionnels de santé ne sont pas là pour juger les gens qui prennent un Traitement Post-Exposition et/ou la pilule du lendemain. Et si certains le font, c'est anormal", tweete une autre.

Santé publique France se justifie

Joint par franceinfo, Santé publique France indique "qu’il s’agit d'une campagne de promotion du préservatif qui utilise l'humour et les codes des réseaux sociaux des adolescents". "Il est difficile pour les adolescents de parler de sexualité avec des adultes en général, y compris les professionnels de santé aussi bienveillants et accueillants soient-ils. C'est ce point de vue des adolescents que la campagne adopte à travers 7 messages différents", explique Nathalie Lydié, responsable de l’unité Santé sexuelle de l'agence.

Santé publique France assure que cette campagne est diffusée depuis trois semaines sur Instagram et Snapchat et qu'elle n'avait jusqu'alors "pas suscité de réactions négatives de la part de son public cible, les 12-18 ans".

Se disant "sensible à la question de la représentation des rôles de genre", l'agence annonce néanmoins qu'elle va "revoir la formulation de la carte n°3". Ce visuel a en effet également été critiqué pour avoir mentionné "l'infirmière" au féminin et "le médecin" au masculin.