Moustique tigre : "Une progression très rapide" avec 70% du territoire concerné, alerte Vigilance moustiques

"Nous en sommes à 51 départements qui sont colonisés" a expliqué vendredi sur franceinfo le président de Vigilance moustiques Stéphane Robert.

Un moustique-tigre, photographié à Nice, le 29 septembre 2015.
Un moustique-tigre, photographié à Nice, le 29 septembre 2015. (VALERY HACHE / AFP)

Le site Vigilance moustiques publie vendredi 26 avril sa carte annuelle de la présence du moustique tigre en France, et celle-ci s'étend de plus en plus sur le territoire. Selon Stéphane Robert, président de Vigilance moustiques et invité de franceinfo, le moustique tigre est désormais présent avec certitude sur près de 70% du territoire, après une "grosse progression, très rapide".

franceinfo : Y a-t-il désormais des moustiques tigres partout ?

Stéphane Robert : Non, nous en sommes à 51 départements qui sont colonisés définitivement, c'est-à-dire que le moustique y est implanté et actif, plus une quinzaine de départements en vigilance orange, c'est-à-dire que le moustique y a été intercepté ponctuellement. Ce qui représente, en tout, près de 70% du territoire. Le moustique tigre progresse : cette année, il a encore colonisé neuf nouveaux départements par rapport à l'année dernière. L'année dernière, il en avait déjà colonisé neuf autres : ça fait 18 départements en deux ans, donc une grosse progression, très rapide, plutôt du sud vers le nord.

D'où vient ce moustique tigre, à l'origine ?

À l'origine, il vient d'Asie du Sud-Est. Il est arrivé par des containers dans différents ports de France, mais le premier département à avoir été colonisé sont les Alpes-Maritimes. Ensuite, il a progressé vers le nord, vers le sud-ouest et, aujourd'hui, on voit bien que la carte est essentiellement rouge dans le sud et de plus en plus rouge dans le nord.

Où ne se trouve pas le moustique tigre aujourd'hui ?

Dire qu'il n'est pas quelque part veut dire qu'il n'a pas été référencé. Plus nos méthodes de détection sont efficaces, plus on détecte là où il est. Il y a notamment la vigilance citoyenne, c'est-à-dire que les citoyens sont de plus en plus invités à signaler le moustique tigre. Vous croyez en voir un : vous le prenez en photo, vous l'envoyez par exemple à 'Vigilance moustiques', on le fait expertiser par des organismes publics et c'est ainsi que l'on détecte officiellement la présence du moustique tigre de plus en plus fréquemment. Aujourd'hui, nous avons 51 départements colonisés, il est possible que le moustique soit dans d'autres départements mais il faut encore le détecter.

Quels sont les risques ou les conséquences de cette présence ?

Le moustique tigre est capable de transmettre la dengue, le chikungunya, ou le zika qui sont des arboviroses. Il faut, pour cela, qu'il soit lui-même contaminé, c’est-à-dire qu'il ait piqué une personne qui a eu ce virus, pour ensuite le transmettre. Ce n'est pas parce que le moustique tigre est présent dans l'appartement qu'il va forcément vous donner la dengue, mais il est capable de le faire. C'est pour cela qu'il faut tout un dispositif sanitaire pour l'éviter. Ce dispositif commence officiellement à partir du 1er mai : un certain nombre d'acteurs, des professionnels de santé, des laboratoires d'analyses, se mettent en marche pour détecter les cas importés. Quand vous avez quelqu'un qui revient d'un pays avec la dengue ou le chikungunya, par exemple, il est diagnostiqué par un médecin. Si ce médecin sent que c'est l'un de ces virus, il va faire faire des analyses. Le laboratoire d'analyses doit transmettre les résultats le plus rapidement possible, en particulier dans ces départements en vigilance rouge, parce que, à ce moment-là, une vigilance voire une éradication, des désinsectisations localisées seront nécessaires pour éviter que les moustiques tigres qui se situent autour de ce cas importé puissent transmettre la maladie à des voisins.