Face à l'épidémie de grippe, les médecins généralistes vivent aussi de "grosses journées"

Alors que l'épidémie n'a pas encore atteint son pic en France, les hôpitaux sont "sous tensions". Mais les généralistes sont également très sollicités.

Un médecin vaccine un patient contre la grippe, le 17 octobre 2016, à Thionville (Moselle). 
Un médecin vaccine un patient contre la grippe, le 17 octobre 2016, à Thionville (Moselle).  (MAXPPP)

Les services d'urgences ont du mal à faire face à l'intense épidémie de grippe. D'après la ministre de la Santé, Marisol Touraine, 142 hôpitaux français sur 850 sont "sous tension", mercredi 11 janvier, alors que le pic de l'épidémie doit être atteint la semaine prochaine. Mais les hôpitaux ne sont pas les seuls exposés à la crise : les médecins généralistes sont également très sollicités.

>> Epidémie de grippe : suivez les dernières informations dans notre direct

"Les services d'urgence sont sûrement plus télégéniques mais depuis trois semaines, les cabinets médicaux sont engorgés", assure à franceinfo Florence Lapica, médecin à Lyon et déléguée régionale Rhône-Alpes du syndicat MG France. Même constat chez SOS Médecins, où le téléphone ne cesse de sonner. "Nous nous trouvons face à un pic d'activité, une épidémie importante, mais pas d'une ampleur inégalée", affirme Serge Smadja, secrétaire général de SOS médecins France.

Consulter son médecin avant d'aller aux urgences

Fort de son expéricence, le réseau, joignable 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, "sait s'adapater", assure Serge Smadja. "Vous pouvez souffrir d'une fièvre sans pour autant avoir la grippe, poursuit-il. Il y a donc une gestion des priorités, on hiérarchise les demandes." Le responsable de SOS Médecins reconnaît toutefois l'importance de l'épidémie chez les personnes âgées. "Pour les seniors, les complications peuvent être terribles notamment la décompensation [une dégradation physique brutale], c'est pourquoi nous n'hésitons pas à faire hospitaliser des patients", explique Serge Smadja.

En cas d'épidémie de grippe, la régulation des cas à distance devient primordiale, affirme aussi William Joubert, médecin au Mans, délégué régional Pays-de-la-Loire du Syndicat des Médecins libéraux (SML). "Face à la recrudescence de cas, on évalue les situations et on donne des conseils avec la priorité aux enfants de moins d'un an et aux personnes âgées de plus de 65 ans", indique-t-il à francenfo. Et de rappeler que "lorsque l'on présente des symptomes grippaux, on ne doit pas se rendre aux urgences. Il faut s'adresser à son médecin traitant. Sauf complication, la grippe se traite à domicile".

Des médecins vaccinés pour pouvoir examiner leurs patients

Pour gérer l'afflux de patients, chacun s'organise comme il peut. "On est au fil de l'eau et ça allonge forcément les journées", témoigne William Joubert. De son côté, Florence Lapica conserve des plages horaires libres dans son agenda pour les consacrer aux rendez-vous urgents et aux visites à domicile pour les personnes âgées. "Ce sont des grosses journées qui demandent beaucoup d'organisation et un secrétariat médical précieux", raconte-t-elle.

En contact avec de nombreux malades, tous ces médecins assurent à franceinfo avoir été vaccinés contre la grippe, alors que le débat sur la vaccination obligatoire des personnels de santé se pose. "C'est la conscience professionnelle de chaque personnel soignant de se vacciner. Je me vaccine sans état d'âme", explique Serge Smadja. Pour William Joubert, "la majorité des médecins se vaccinent. C'est aux autorités de décider, elles ont déjà rendu obligatoire le vaccin contre l'hépatite B pour les professionnels de santé, elles pourraient le refaire".